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Des mythes en formation autour du paranormal - L’exemple des NDE

Table Ronde animée par Marie-Christine Dat, avec Djohar Si Ahmed, François Brune et Evelyne Elsaesser-Valarino


Nouvel extrait de l’ouvrage "Le paranormal : entre mythes et réalités".

Introduction :

Depuis quelques années, une énigme médicale est en train de faire de plus en plus de bruits dans notre société. Révélée par un psychiatre en 1975 aux USA, Raymond Moody, ces expériences n’ont pas fini depuis d’alimenter les débats et exciter les imaginations. Rappelons que les NDE, traduites le plus souvent par EMI (Expériences de mort imminente) en France sont des expériences vécues le plus souvent lors d’accidents. Des témoins, dans le monde entier, rapportent avoir été projetés dans une autre réalité avec une conscience élargie de la vie. Jusqu’à ce jour, aucune explication satisfaisante n’est parvenue à traduire ces témoignages qui soulèvent des interrogations aussi bien scientifiques que spirituelles.

De plus en plus médiatisées, les NDE sont présentées sous une forme stéréotypée qui ignore la complexité de ces expériences aussi bien que leurs variétés. De nombreuses idées reçues circulent à leur propos qui déforment les nombreuses réalités qui leur sont liées. On peut penser que nous sommes en train d’assister à la naissance d’un véritable folklore autour de cette énigme qui masque considérablement les points d’intérêt de ces expériences, et contribuent à leur rejet par le milieu scientifique. Cette table ronde va s’efforcer de présenter les NDE sous plusieurs angles d’approche qui permettra de prendre conscience des enjeux qu’elles soulèvent. Avec nous pour exposer ce dossier :

-  François Brune, a poursuivi 4 années de philosophie et théologie à l’Institut catholique de Paris et à l’Université de Tübingen (licence de théologie), puis 2 années à l’Institut biblique de Rome (licence en Ecriture sainte), auteur notamment de « Les morts nous parlent »

-  Djohar Si Ahmed, Dr en psychologie, psychanalyste, auteur d’une thèse de Doctorat « Phénomènes télépathiques et fonctionnement psychique », secrétaire générale de l’Institut Métapsychique International, auteur notamment de « Parapsychologie et psychanalyse »

-  Evelyn Elsaesser-Valarino, Bibliothécaire à l’Université de Droit de Genève, collaboratrice du psychiatre américain K. Ring, auteur notamment de « D’une vie à l’autre »

-  Intervention de Djohar Si Ahmed (extrait)

Question : On comprend que le récit de telles expériences soit difficilement acceptable, notamment par la communauté médicale, qui considère que ces expériences peuvent être dues à la production d’endorphines dans l’organisme au moment d’une souffrance paroxystique. Alors, je vais m’adresser à Djohar Si Ahmed maintenant et lui demander pourquoi les NDE ne seraient-elles pas tout simplement des manifestations hallucinatoires.

Peut-être pourrait-on partir de la définition de l’hallucination. Une hallucination c’est classiquement, une perception sans objet et effectivement par un glissement de sens, on pourrait dire que les NDE étant (du point de vue en tout cas de celui écoute ou qui lit le récit de cette expérience), une perception sans objet, les NDE seraient donc, de ce fait, des hallucinations. Mais, à la différence des hallucinations pathologiques, très variées quant à leur contenu, leur thématique, leur structure, leurs liens avec la problématique du sujet , le contenu des expériences NDE est remarquablement univoque. Quels que soient l’âge, le sexe, la culture, le niveau socioculturel, les croyances religieuses, une expérience NDE reprend toujours la même thématique, les mêmes phases, avec certes quelques variantes quant à une expérience type. Ces variantes portent sur la présence ou l’absence d’une phase ou d’une autre, mais jamais sur la structure ou le contenu général des phases.

Considérer que les NDE sont de nature hallucinatoire revient à considérer cette expérience comme un épiphénomène apparaissant mystérieusement au cours d’un accident, d’un choc violent, d’un contexte d’imminence de mort, et inhérent à une mobilisation neuro-psycho-physiologique. A cette conception des choses, je répondrai par une métaphore. Penser que la production d’endorphines pourrait être à l’origine du contenu, je dis bien du contenu de ces expériences, c’est un peu comme penser qu’un programme de télévision, qu’un programme de radio serait simplement dû au courant électrique passant dans les circuits des appareils. Ce serait faire évidemment l’impasse sur tout ce qui préside à l’élaboration d’un tel programme. Dans le cas de la NDE, l’impasse porte sur tout un au-delà du psychologique.

Ceci étant, la question de la nature hallucinatoire ou non-hallucinatoire de ce matériel, m’apparaît secondaire. En effet, le récit de NDE, comme celui de tout événement, de toute expérience, de tout rêve, de tout fantasme, amené en séance par un patient est un matériel digne d’intérêt, porteur de sens.

Mon souci est donc d’aider ceux qui acceptent de s’engager dans une démarche psychothérapique ou psychanalytique, à comprendre le sens de cette expérience NDE. Si cette expérience est relativement univoque dans son contenu, elle ne l’est pas quant au moment où elle se vit et quant aux difficultés parfois considérables pouvant surgir au décours de cet événement : dissolution des limites du moi, barrières psychiques inefficientes, impossibilités d’assumer le retour à une condition d’humain « ordinaire » contre-balancées par des attitudes mégalomaniaques. Cet accompagnement thérapeutique permettra donc d’élaborer puis de métaboliser une expérience cruciale qu’il est parfois difficile d’intégrer spontanément (...)

-  Intervention de François Brune (extrait)

Question : En quoi les expériences aux frontières de la mort concerneraient-elles les Eglises ? Une personne croyante peut-elle considérer que ces expériences sont des expériences à caractère religieux ?

Les réflexions que je peux vous proposer ne correspondent évidemment à aucune position officielle d’aucune Eglise. Mais, comme tout homme, tout croyant, et, plus précisément encore, comme tout chrétien, je me sens fasciné par ces expériences et je ne peux m’empêcher d’y réfléchir. Je précise tout de suite pourquoi je préfère le sigle d’EFM (Expériences aux Frontières de la Mort), au sigle anglais NDE, plus couramment employé, ou à un équivalent français parfois tenté comme EMI (Expérience de Mort Imminente). C’est qu’en réalité ces expériences peuvent se déclencher sans qu’il y ait le moindre danger de mort, en dehors de tout accident, de toute opération chirurgicale, en dehors même de toute menace lointaine. Cela peut se produire dans un moment de fatigue, de relaxation, de demi-sommeil, de méditation, à un moment où l’activité des sens, nous reliant au monde extérieur, se relâche. Pourtant, d’après le récit de ces expériences, ces témoins se sont bien approchés du Royaume des morts et je crois même qu’ils se sont aventurés, un bref instant, un peu au-delà de la frontière.

Au cours de ces expériences, comme on le sait, le témoin a l’impression très nette de sortir de son corps, de flotter en l’air dans la pièce où il se trouvait et de pouvoir tout voir, tout entendre, et de capter ainsi quantité d’informations qui lui seraient restées autrement inaccessibles, étant donnée la position qu’occupait son corps de chair dans la pièce. Cette première étape est déjà très importante, d’un point de vue religieux, étant donné qu’elle confirme l’existence en nous d’un être spirituel indépendant du corps de chair. Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est qu’ensuite, si l’expérience va plus loin, une sorte de tunnel ou de galerie sombre s’ouvre bientôt près de lui et qu’il se trouve entraîné à travers ce tunnel vers une lumière extraordinaire dans laquelle il se fond dans un sentiment d’amour d’une intensité sans comparaison avec aucun amour sur terre. Je crois personnellement qu’alors ces témoins font déjà l’expérience du début de la vie éternelle et de l’union à Dieu.

Je sais qu’une telle affirmation est énorme, puisqu’ elle implique qu’en fait ils étaient déjà morts. C’est précisément ce que refusent d’admettre la plupart des médecins. Pour eux, "l’irréversibilité" est un des éléments essentiels de la définition de la mort. Puisque ces témoins sont revenus à la vie de ce monde, c’est qu’ils n’étaient pas morts et, si passionnante que soit leur expérience, elle ne nous apprend donc rien sur ce qu’est vraiment la mort, la vraie, la définitive.

Le processus de la mort est complexe et ne s’accomplit pas au même rythme pour tout ce qui nous compose. Nos cellules meurent peu à peu et pas toutes ensemble. Celles du cerveau semblent mourir les premières. C’est pourquoi, lors d’une mort clinique, la réanimation ne ramène trop souvent à la vie de ce monde qu’un être diminué, affligé de lourdes séquelles.

Mais ce corps de chair n’est qu’une partie de nous-même, et provisoire. Là je me place dans la ligne d’un chercheur comme John C.Eccles. Je sais que ses positions ne sont pas toujours admises par ses pairs. Je me rappelle notamment un colloque, à l’Unesco, où l’un d’eux avait explosé de rage et de mépris lorsqu’un auditeur avait évoqué les travaux de John Eccles. C’est que l’enjeu de telles visions du monde est énorme et donc les oppositions très vives. Ce prix Nobel de médecine croit que nous avons chacun une âme, créée par Dieu, seule explication pour lui de "l’unicité du moi". "Je maintiens, dit-il, que le mystère de l’homme est incroyablement diminué (à tort) par le réductionnisme scientifique et sa prétention matérialiste à rendre compte du monde de l’esprit en termes de simple activité neuronale. Une telle croyance ne peut être considérée que comme une superstition."

-  Intervention de Evelyne Elsaesser-Valarino (extrait)

Question : Evelyn, les expériences des NDE sont relatées souvent comme étant des expériences d’ordre hallucinatoires, dans ce cas-là, alors comment expliquer que des aveugles de naissance aient vu pendant leur expérience NDE ?

Depuis les années 80 déjà, une rumeur tenace circulait parmi les chercheurs explorant les expériences de mort imminente : elle disait que les aveugles, même de naissance, voient pendant leur NDE ! Un frémissement parcourut la communauté des investigateurs impliqués dans l’étude de ce phénomène fascinant. Tenaient-ils là enfin la preuve irréfutable que les expériences de mort imminente n’étaient ni des hallucinations, ni des rêves mais qu’elles se produisaient bien en dehors du système sensoriel, en-dehors du cerveau, en-dehors de la matière ? Elisabeth Kübler-Ross était la première à parler de ce phénomène mais sans avoir de cas documentés à la clé. Kenneth Ring , en collaboration avec Sharon Cooper , décida donc d’essayer de passer d’une hypothèse à des faits et entreprit une étude rigoureuse qui fut publiée dans l’ouvrage Mindsight en 1999. Les deux chercheurs commencèrent par poser trois questions :

-  1) Est-ce que les aveugles vivent des expériences de mort imminente ?
-  2) Si tel est le cas, est-ce que ces NDE sont identiques ou différentes de celles des personnes voyantes ?
-  3) Les aveugles qui ont vécu une NDE revendiquent-ils des perceptions visuelles ?

31 personnes furent inclues dans l’étude, 20 femmes et 11 hommes, âgés de 22 à 70 ans. 16 de ces sujets avaient vécu une NDE seulement tandis que 5 sujets avaient vécu une NDE et, à d’autres occasions, une ou plusieurs OBE ( ). Ainsi, 21 personnes en tout avaient vécu une NDE et une ou plusieurs OBE. Les dix personnes restant avaient expérimenté uniquement des OBE (...)

(...)Il devient évident que les expérienceurs non-voyants et mal-voyants ont accès à une sorte de connaissance, basée sur une prise de conscience généralisée issue d’une multitude d’impressions sensorielles, y compris tactiles. Ce savoir leur donne accès aux informations situées aussi bien dans notre monde physique que dans l’autre dimension.

Il est important de bien comprendre qu’ils n’ont pas deviné ce qui s’est passé pendant leur expérience de mort imminente, ils l’ont bel et bien vu, mais ce voir est plus vaste que nos perceptions visuelles habituelles, ce voir englobe un savoir qui donne à la vision une puissance et une acuité impossible à obtenir par une perception visuelle habituelle.

Ce qui est en jeu est une omniscience qui ne semble accessible que dans un état de conscience élargie, dans notre cas - mais pas forcément toujours - lié à un état de mort imminente.

Cette conscience, cette omniscience vont bien au-delà de tout ce que la perception visuelle habituelle peut offrir. Il s’agit bien ici d’un état de conscience élargie, que Ring et Copper ont décidé d’appeler "conscience transcendantale".


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