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Entretien avec Francine FOUÉRÉ

interview par Eric RAULET


Francine FOUÉRÉ fut pendant de longues années l’épouse et la collaboratrice de René FOUÉRÉ. C’est grâce à lui qu’elle eut connaissance de l’enseignement de Krishnamurti et du problème des soucoupes volantes. Elle poursuit toute une action dans ce domaine, à la fois par un profond intérêt à ces recherches, mais aussi pour rendre hommage au travail désintéressé de son mari.

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Francine Fouéré

© Yves Bosson / Agence Martienne

Pouvez-vous décrire les raisons qui ont poussé votre mari à effectuer des recherches sur les ovnis ? Quel était son sentiment, à la fin de sa vie, sur ce phénomène

F. FOUÉRÉ - Pour répondre à cette question et surtout dans le souci de ne pas déformer sa pensée, je cite ce texte, écrit par mon mari, dans son livre La révolution du réel : Krishnamurti (p. 420), paru en 1985 " Le même esprit de recherche qui m’avait conduit à la découverte de l’enseignement de Krishnamurti me valut de prêter une attention vive, sans aucune prévention initiale et en tout désintéressement, au problème "damné" de la présence possible - une présence dont les implications humaines et philosophiques ou d’ordre spirituel pourrait être immenses - de véhicules extraterrestres, pilotés, dans l’atmosphère ou sur le sol de notre planète.

C’est à l’occasion de cette recherche que nous avons pu apprécier le courage et l’amitié du général d’Armée Lionel Max CHASSIN , qui fut le président de ce Groupement d’Etudes des Phénomènes Aériens dans les activités duquel nous avons pris, mon épouse et moi, les plus grandes responsabilités. A la fin de sa vie, en 1990, j’avais abordé ce sujet avec mon mari. Il m’avait répondu simplement " un phénomène banal, ordinaire, qui a toujours existé, mais très mal étudié !"

Ensemble, vous avez pu rencontrer à plusieurs reprises Krishnamurti. Quelle était l’attitude de cet homme par rapport à l’inconnu ? Ces enseignements vous ont-ils permis d’appréhender autrement le sujet ovni ?

F. FOUÉRÉ - En fait Krishnamurti était un esprit très ouvert. Il avait eu en main notre revue, Phénomènes Spatiaux. Il ne niait pas l’intérêt de cette étude. Mais ayant à assumer de nombreuses et lourdes tâches, ce n’était pas son problème. Un de ses amis, le physicien David BOHM s’entretenait avec nous, lors de nos séjours à Brockwood, en Angleterre, sur ce sujet, avec beaucoup de curiosité. Je ne peux répondre si l’enseignement de Krishnamurti a eu une influence. Dans le paragraphe précédent, René a défini clairement son attitude Il avait écrit à un correspondant : "Je n’avais pas la passion des soucoupes volantes, mais celle de la Vérité, et c’était cette passion qu’il fallait avoir si l’on voulait savoir la vérité sur les soucoupes volantes". Au fond, quel que soit le sujet abordé, René avait toujours cette attitude d’ouverture, de lucidité.

Considérez-vous aujourd’hui que les études sur les ovnis ont progressé depuis 50 ans ? Que manque t-il aux chercheurs actuellement pour déboucher sur de nouvelles découvertes. Je ne crois pas que les études sur les ovnis ont spécialement progressé.

F. FOUÉRÉ - Bien sûr, certaines hypothèses émises dès la fin de la guerre, ont fait long feu aujourd’hui comme celle des prototypes. Je me souviens toujours, à ce propos de ce que nous avait dit Jacques BERGIER, avec son humour habituel : " vous connaissez beaucoup de nations qui vont essayer leurs prototypes chez les voisins ! " Reprendre cette hypothèse me fait le même effet que si on revenait à la thèse que les météorites ne sont pas d’origine céleste. Je me rappelle qu’il a fallu 150 ans pour reconnaître ces " messagères du cosmos ". Les secrets de fabrication ne restent pas longtemps cachés. Si une nation possédait un tel engin, avec ces propriétés extraordinaires, elle le ferait certainement savoir pour exercer sa puissance. Par exemple, quand TRUMAN, président des Etats-Unis, a eu sa bombe atomique, en 1945, il s’en est servie immédiatement non seulement contre le Japon, mais aussi pour marquer sa supériorité envers le Maréchal STALINE, le dirigeant de l’URSS. Le phénomène " soucoupe volante " ne dépend pas de nous - et c’est la toute la difficulté -. Lors d’une entrevue en compagnie de Michel TROUBLÉ, avec Yves ROCARD, dans son laboratoire, cet homme remarquable à dit a mon mari : "Je mets tout mon laboratoire à votre disposition, mais que dois-je faire ?"

Quels sont les cas qui vous ont le plus troublé au cours de vos recherches ? Pourquoi les pouvoirs publics et les médias n’accordent t-ils pas plus d’intérêt à ces recherches ?

F. FOUÉRÉ - Dans notre revue, Phénomènes Spatiaux, René FOUÉRÉ , qui en était le directeur de publication, ne voulait publier que des observations fortes, pour amener une prise de conscience du phénomène. Je ne citerais que les observations suivantes :

• Valensole, 1er juillet 1965 : Le témoin est immobilisé sur place, mais il a la faculté de respirer et de voir ; • Cussac, 29 août 1967 : Les occupants de la soucoupe volante ont une curieuse façon de réintégrer leur véhicule, la tête la première, à la suite d’une trajectoire courbe ; • Trans-en-Provence, 8 janvier 1981 : l’analyse de la terre, par le professeur Michel BOUNIAS, montre que les plantes ont subi une dégénérescence ; • Le cas Sonny DESVERGERS, 19 août 1952 : à l’endroit du survol de la soucoupe, les herbes étaient intactes, mais leurs racines brûlées. Les pouvoirs publics ont d’autres sujets de préoccupation. Les médias et la presse ? Je dirais simplement que nous avons rencontrés des gens remarquables, d’une très grande conscience professionnelle. Mais, hélas, comme partout, il y a des fripouilles.

Si vous en aviez la possibilité, vers quelles orientations privilégeriez-vous les recherches aujourd’hui en matière d’ovnis ? La France est-elle en retard dans les recherches ?

F. FOUÉRÉ - Seule une recherche officielle peut faire avancer l’étude de ce problème. Un chercheur isolé ne peut rien. Un groupement a aussi ses limites. L’idéal, une complémentarité. En astronomie, vous avez les astronomes officiels et les amateurs et tous ont un rôle à jouer. La France à été en pointe dans la recherche, quand le GEPAN a été créé, dans le cadre du CNES en 1977. Des notes techniques, des plaquette d’information ont été publiées à l’époque. Puis, pour différentes raisons, politiques, budgétaires et autres, le GEPAN a disparu silencieusement pour laisser la place au SEPRA fondé en 1988.

Quels conseils donneriez-vous aux témoins, mais également à ceux qui auront à les entendre un jour ? Pensez-vous, au cours de vos recherches, avoir subi des pression ou des manipulations ?

F. FOUÉRÉ - Difficile de donner des conseils aux témoins car une observation, c’est l’inattendu. Garder si possible son sang-froid, de la prudence, noter le maximum de détails. Mais encore une fois, c’est facile à dire. Nous avons effectué de très nombreuses enquêtes, et pour le témoin, voir une " chose " inexplicable n’est pas toujours agréable... Ce qui est important, c’est l’écoute, la mise en confiance, laisser le témoin s’exprimer, à sa façon, sans l’interrompre, ne pas l’influencer en lui posant des questions. Tout récemment, nous venons de rencontrer à nouveau Maurice MASSE, le témoin de l’observation de Valensole, plus de trente ans après notre première enquête. C’est avec émotion que Maurice MASSE me confiait le profond souvenir qu’il avait gardé de la bienveillance de mon mari. Pour nous le respect de la personne était primordial. C’est pourquoi, nous étions contre les hypnoses, les psychiatres et toutes espèces de manipulations. Ce qui est intéressant, c’est quand il y a des traces au sol. Le témoin est indispensable pour indiquer l’endroit et l’analyse des traces apporte des éléments qui ne dépendent plus du témoin. Nous n’avons jamais subi de pression, ni manipulations au cours de nos recherches. Nous nous sommes toujours exprimés en toute liberté. Mon mari était ingénieur et n’a eu aucun problème professionnel ; moi en tant qu’enseignante, aucun ennui. Mais hélas, ce n’est pas le cas pour certains chercheurs. Notre ami Patrick AIMEDIEU, décédé depuis deux ans, à l’âge de 51 ans, n’avait jamais caché sa curiosité pour les soucoupes volantes. Chargé de recherche au CNRS, il en a souffert malheureusement dans sa carrière.

Si René FOUÉRÉ était encore en vie aujourd’hui, vers quelles recherches se serait-il porté ? Pensez-vous qu’il se serait intéressé aux NDE par exemple ?

F. FOUÉRÉ - Comme dirait Krishnamurti : "Je n’ai pas de réponse pour une situation imaginaire". Car on ne sait pas ce qu’un être humain peut devenir. Il ne m’est pas possible de répondre à cette question. Quant aux NDE, dès sa parution, en anglais, René à lu le livre de Raymond MOODY. Quelques temps après, il m’a fait part de ses réflexions : "Les personnes qui ont vécu une NDE ne sont pas définitivement mortes, car elles reviennent pour nous les raconter. C’est à la mort effective, à la mort du sujet, qu’une certitude absolue pourrait être atteinte, et elle ne pourrait l’être que par le sujet lui-même". René s’est toujours intéressé à ce problème de la morts, "la profondeur de la vie". Dans son ouvrage, La révolution du réel, Krishnamurti, il avait écrit cette note personnelle - "Réincarnation indienne, survie et liberté" -. Aussi, j’aimerai terminer cet entretien en rendant hommage au courage, au travail et à la lucidité de mon mari, en citant des extraits de son étude "Le sens de notre action", publiée dans le numéro 19 de mars 1969 de Phénomènes Spatiaux, texte toujours d’actualité.


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