Flammarion et les phénomènes de hantise
Par Eric Raulet
Le célèbre astronome fut un ardent chercheur en matière d’expériences "psi". Durant une partie de sa vie, il collectionna de très nombreux témoignages que des témoins lui adressaient spontanément. Les éditions Kimé rééditèrent un ouvrage en deux tomes "Le rêve, la mort et l’univers" aujourd’hui difficile à se procurer. Nous extrayons ici un témoignage parmi de nombreux autres recensés qui présente quelques similitudes avec celui de Sophie.
"Le rêve, la mort et l’univers", Volume 2, p. 22
"Nous étions élevées toutes les deux (ma sœur et moi) au couvent des Dominicaines de Chalon-sur-Saône. Une épidémie de fièvre typhoïde éclata subitement au pensionnat et ma sœur fut atteinte par la terrible maladie. Les élèves furent immédiatement renvoyées dans leurs familles et mon père me conduisit à Beaune, chez des amis intimes, M. et Mme Bourgeois.
Mon père obtint des religieuses la permission de s’installer au chevet de sa fille malade. Elevée dans des idées très pieuses, j’avais commencé une neuvaine à la Sainte Vierge pour la guérison de ma sœur. J’étais absolument convaincue que le neuvième jour ma sœur serait guérie. Je couchais seule, dans une chambre, dont une porte s’ouvrait sur le salon. La chambre de M. et Mme Bourgeois était séparée de la mienne par un corridor.
Brusquement, au milieu de la nuit du 4 décembre, je fus réveillée par un singulier bruit se produisant dans le salon. On eût dit que quelqu’un traînait une chaîne. J’avais alors, et j’eus toujours, le sommeil extrêmement léger. Immédiatement, je me dressai à demi sur mon lit et j’écoutai. Mais quel ne fut pas mon étonnement ! Le bruit de chaînes fit place à des pas légers sur le parquet s’approchant de mon lit ! ... Mon cœur, je m’en souviens, se mit à battre très fort. Effrayée, j’étais prête à crier, me demandant en même temps s’il était prudent de le faire (car je m’imaginais qu’on venait m’assassiner). Puis tout à coup, je sentis une main frôler doucement mes draps et, pendant l’espace d’un éclair, je vis ma sœur.
C’en était trop ! Au comble de l’épouvante, je poussai des cris déchirants.
On se précipite aussitôt dans ma chambre : "Qu’y a-t-il ? qu’y a-t-il donc ? - Je viens de voir ma sœur, elle est venue près de mon lit, j’ai entendu ses pas, elle a touché mes draps. - Mais, mon enfant, me répondent M. et Mme Bourgeois, c’est impossible. Vous avez rêvé ; votre sœur est à Chalon, bien malade. - Non, non, je n’ai pas rêvé, j’ai bien entendu ses pas qui faisaient craquer le parquet, j’en suis sûre ; je ne dormais pas, elle est venue, je l’ai vue.
On me calme, on me fait prendre de la fleur d’oranger et l’on me dit : "Rendormez-vous, il n’est que 5 heures du matin."
A midi, nous étions à table, lorsque la sonnette de la maison retentit. La bonne va ouvrir et mon père paraît, le mouchoir sur les yeux. Il nous raconte en sanglotant que ma pauvre sœur est morte le matin même, à 5 heures (...)"
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