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L’etude hollandaise du Dr P.Van Lommel

"Expérience de mort imminente chez les rescapés d’arrêt cardiaque : une étude prospective aux Pays-Bas."


Cette étude a été publiée dans le prestigieux journal médical anglais "The Lancet" en 2002. Cette publication a entraîné de nombreuses réactions, particulièrement dans les médias avec notamment un article du Monde le 19/12/2001, un dossier dans Science et Avenir en janvier 2002 et un article dans le Figaro Magazine de septembre 2002. Assurément, c’est là une des plus grande avancées rigoureuses d’un sujet considéré comme "paranormal". En voici une synthèse.

Source : http://www.thelancet.com Lancet : 2001 ; 358 : 2039-2045

But :

Certaines personnes rapportent avoir vécu une expérience de mort imminente après un épisode menaçant leur vie. Notre but dans cette étude est d’établir la cause d’une telle expérience et d’évaluer les facteurs qui affectent sa fréquence, sa profondeur et son contenu.

Méthode employée :

Dans une étude prospective, nous avons inclus 344 patients qui, après un arrêt cardiaque ont été réanimés avec succès dans 10 hôpitaux hollandais. Nous avons comparé les données démographiques, médicales, pharmacologiques et psychologiques entre les patients qui ont vécu une NDE et ceux qui n’en n’ont pas vécu après avoir été réanimés (groupe contrôle). Nous avons également comparé à travers une étude longitudinale les modifications survenues dans leur vie, après avoir connu une NDE, dans les groupes après 2 et 8 années de suivi.

Résultat :

62 patients (18%) ont rapportés avoir vécu une NDE, parmi lesquels 41 (12%) ont décrit une expérience "particulièrement profonde". La survenue de l’expérience n’était liée ni à la durée de l’arrêt cardiaque, ni à l’état d’ inconscience, ni au traitement médical ou à l’appréhension de la mort avant l’arrêt cardiaque. La fréquence des NDE était analysée suivant différents critères : la manière dont nous définissons les NDE, la nature prospective de la recherche chez des patients cardiaques plus âgés, l’âge, le fait d’avoir survécu à un arrêt cardiaque lors d’un premier infarctus du myocarde, le fait d’avoir survécu à plus d’une réanimation cardio-pulmonaire (CPR) lors du séjour à l’hôpital, l’existence d’une NDE antérieure, et les problèmes de mémoire rencontrés après une CPR prolongée. La profondeur de l’expérience tenait compte des paramètres suivants : le sexe, la survie après une réanimation effectuée en pré-hospitalier, et l’appréhension ressentie avant l’arrêt cardiaque. De manière significative, la plupart des patients qui ont connu une NDE, et particulièrement ceux qui ont vécu une expérience profonde, sont morts dans les trente jours qui ont suivi la CPR. Le processus de "transformation" après avoir vécu une NDE prenait plusieurs années, et différait de ceux n’ayant pas connu de NDE.

Conclusion :

Nous ne savons pas pourquoi si peu de cardiaques (12%) témoignent d’une NDE après une réanimation cardio-pulmonaire, bien que l’âge semble entrer en ligne de compte. Si l’on s’en tenait à une explication purement physiologique, telle qu’une anoxie cérébrale, alors ce serait la plupart des patients qui ont été déclarés cliniquement morts qui devraient également témoigner d’une telle expérience.

1.Introduction :

Les NDE sont rapportées dans de multiples circonstances : arrêt cardiaque lors d’infarctus du myocarde (mort clinique), choc hémorragique lors d’un post-partum ou lors de complications peri-opératoires, choc anaphylactique ou septique, électrocution, coma résultant de dommages cérébraux post traumatiques, hémorragie intra-cérébrale ou infarctus cérébral, tentative de suicide, noyade, asphyxie, ou apnée. De telles expériences sont également rapportées par des patients porteurs de maladies sévères mais qui ne mettent pas immédiatement leur vie en danger parmi lesquelles les dépressions graves, ou encore, phénomène plus troublant encore, sans aucune raison apparente chez des personnes pleinement conscientes. Des expériences similaires à une mort imminente peuvent survenir durant la phase terminale d’une maladie et sont alors appelées "visions de lit de mort". Des expériences identiques aux NDE, appelées expériences "de peur de la mort" sont le plus souvent rapportées après avoir rencontré des situations durant lesquelles la mort semblait inéluctable : accidents graves de la route, chutes en montagne, isolement rencontré lors de naufrage.

Les études que nous avons mené sur les NDE ont été rétrospectives et très sélectives en ce qui concerne les patients. Dans les études rétrospectives, 5 à 10 années pouvaient s’être écoulées entre la survenue de l’expérience et son étude, ce qui empêche souvent l’évaluation précise des facteurs physiologiques et pharmacologiques. Les processus de "transformation" souvent décrits par les patients après leur NDE présentent de grandes similitudes, ils englobent : un aperçu de changement de vie, une intuition plus marquée et la perte d’appréhension face à la mort. On pense que l’assimilation et l’acceptation de tels changements peuvent prendre au mieux quelques années.

Nous avons réalisé :

-  une étude prospective pour évaluer la fréquence d’apparition des NDE chez des patients qui ont subi un arrêt cardiaque (situation médicale objectivement critique) et établir les facteurs susceptibles d’affecter la fréquence, le contenu et la profondeur de l’expérience.
-  une étude longitudinale pour évaluer l’effet du temps, de la mémoire, et des mécanismes de suppression qui interviennent sur le processus de transformation observé après une NDE, et pour réaffirmer le contenu et permettre des études complémentaires de l’expérience qui permettraient de ré-évaluer les théories proposées jusque là sur l’origine et le contenu des NDE.

2. Méthode :

Patients

Nous avons inclus des patients réanimés avec succès dans des unités de soins coronaires de 10 hôpitaux hollandais durant une période de recherche variant de 4 mois à presque 4 années (1988-92). La période de recherche variait en raison de l’exigence d’y inclure tous les patients dont la réanimation consécutive à un problème cardio-pulmonaire avait réussie. Si cette condition n’était pas respectée, nous arrêtions alors la recherche dans cet hôpital. Tous les patients ont été déclarés cliniquement morts, ce que nous établissons principalement par les enregistrements d’électrocardiogrammes. Tous les patients ont donné par écrit leur consentement. Nous avons obtenu l’agrément du comité d’éthique.

Procédure

-  Nous avons défini les NDE comme étant : le souvenir rapporté par les patients de toutes les impressions ressenties pendant un état particulier de conscience, incluant les éléments spécifiques tels que des expériences de sortie hors du corps, des sensations agréables, la vision d’un tunnel, d’une lumière, la rencontre avec des proches décédés ou une revue de vie.

-  Nous avons défini la mort clinique par : la période d’inconscience provoquée par une irrigation sanguine cérébrale insuffisante (circulation sanguine inadaptée), une insuffisance respiratoire ou bien les deux phénomènes à la fois. Si dans cette situation, la réanimation n’est pas instaurée dans les 5 à 10 minutes, des lésions irréversibles s’opèrent alors au niveau cérébral et le patient peut en mourir.

-  Nous avons réalisé un court interview standard auprès des patients suffisamment bien rétablis, quelques jours à peine suivant leur réanimation. Nous leur avons demandé si ils se rappelaient leur période d’inconscience et ce dont ils se souvenaient exactement. Trois chercheurs étaient chargés de coder les expériences selon l’indice pondéré d’une échelle d’évaluation. Dans ce système, la profondeur de la NDE est mesurée par des scores associés aux éléments du contenu de l’expérience : des scores compris entre 1 et 5 rendent compte d’une NDE superficielle mais nous avons inclus ces événements parce que tous les patients ont également subi des changements qui les ont "transformés". Des scores de 6 et au-delà, témoignent d’expériences "centrales" de NDE , et des scores de 10 voir plus, d’expériences particulièrement profondes.

-  Les critères retenus pour notre étude étaient : la date de l’arrêt cardiaque, la date de l’interview, le sexe, l’âge, la religion, le type d’éducation reçue, le fait que le patient ait déjà précédemment connu ou entendu parlé de NDE, le fait que la réanimation cardio-pulmonaire ait été réalisée à l’hôpital ou en pré-hospitalier, le fait que le patient ait déjà eu un antécédent d’infarctus du myocarde, le nombre de réanimations subies par le patient durant son séjour à l’hôpital.

Nous avons également tenu compte de la durée de l’arrêt circulatoire et de l’inconscience et noté si il y avait eu ou non respiration artificielle après intubation et répertorié le type et les doses des drogues employées avant, pendant et après la crise. Nous avons évalué lors de l’interview, les problèmes de mémoire potentiels liés à une réanimation longue ou difficile et classé à part les patients réanimés durant une stimulation électro-physiologique.

Nous avons réalisé et enregistrés, en moyenne 2 années après leur réanimation cardio-pulmonaire, des interviews standardisés avec les témoins. Les patients complétaient alors l’inventaire des changements survenus depuis dans leur vie. Le questionnaire abordait différentes questions en rapport à leur propre image, à l’intérêt qu’ils portaient aux autres, à la matérialité et problèmes sociaux, aux croyances religieuses et à leur spiritualité, ainsi qu’à leur attitude face à la mort. Les témoins ont répondu à 34 questions évaluées par une échelle de 5 points qui permettait d’indiquer s’ils avaient changés et sur quel point plus particulièrement. Après 8 années, les patients "survivants" ainsi que leurs partenaires étaient à nouveau interviewés sur les changements survenus dans leur vie, et il leur était alors demandé de remplir le "questionnaire médical et psychologique pour patients cardiaques" ainsi qu’un questionnaire permettant d’évaluer leur "sens de cohésion", et une échelle d’évaluation de la dépression. Ces questionnaires supplémentaires étaient jugés nécessaires pour une analyse qualitative en raison du nombre réduit de personnes interrogées qui diminuait au bout des 8 années de suivi. Notre groupe contrôle rassemblait des patients réanimés qui n’ont pas rapporté de NDE. Nous avons mis en parallèle le groupe contrôle avec les patients qui avaient vécu une NDE , selon l’âge ,le sexe et l’intervalle de temps entre la réanimation et les second et troisième interviews.

3.Conclusions :

o De l’étude prospective :

Nous avons inclus 344 patients qui ont survécu à 509 réanimations. La moyenne d’âge lors de la réanimation était précisément de 62.2 ans et s’échelonnait de 26 à 92 ans. 73% des patients étaient des hommes et 27% des femmes. Les femmes étaient significativement plus âgées que les hommes. 86% des 344 patients avaient déjà eu un premier infarctus du myocarde et 14% en avaient subi plus d’un. Presque tous les patients en phase aiguë d’infarctus du myocarde avaient reçu un cocktail de différentes drogues dont des sédatifs voir pour certains des sédatifs très puissants.

68% des patients ont été réanimés avec succès à l’hôpital. 81% parmi eux ont été réanimés dans les 2 minutes qui ont suivi l’arrêt circulatoire avec une durée d’inconscience inférieure à 5 minutes pour 80% d’entre eux. 29% des patients ont survécu à une réanimation instaurée en pré-hospitalier, et 3% ont été réanimés à la fois dans l’enceinte de l’hôpital et en dehors. Sur ces 110 patients, 80% ont eu un arrêt circulatoire supérieur à 2 minutes, et 56% sont restés inconscients pendant plus de 10 minutes. Toutes les personnes avec un arrêt cardiaque bref, qui ont été réanimés en dehors de l’hôpital l’ont été dans une ambulance. Seulement 9% patients ont survécu à un arrêt circulatoire qui a duré plus de 10 minutes. 36% de l’ensemble des patients sont restés inconscients pendant plus de 60 minutes, 37 d’entre eux ont eu besoin d’assistance respiratoire artificielle après intubation. Les patients intubés ont reçu des doses élevées de puissants sédatifs et ont donc été interrogés plus tardivement que les autres ; la plupart d’entre eux étaient encore dans une condition physique très affaiblie lors du premier interview et 24 manifestaient des troubles de la mémoire. De manière significative, les patients les plus jeunes survivaient mieux à une inconscience de longue durée suite à une réanimation cardio-pulmonaire difficile par rapport aux plus âgés. 18% patients ont rapporté quelques souvenirs de la période de leur mort clinique. Parmi eux 6% du total ont pu décrire une NDE superficielle et 12% une expérience"centrale". 23 personnes du groupe des expériences "centrales" (7 % du total) ont rapporté une expérience profonde, voir très profonde NDE. Donc, sur 509 réanimations, 12% ont été suivi d’une NDE et 8% d’une expérience "centrale". Aucun patient n’a mentionné de NDE pénible ou effrayante.

Notre étude montre les relations existant entre les facteurs démographiques, médicaux, pharmacologiques, psychologiques, la fréquence ainsi que la profondeur des NDE. Aucun facteur médical, pharmacologique ou psychologique n’a affecté la fréquence d’apparition de l’expérience. Les personnes âgées de moins de 60 ans ont plus fréquemment de NDE que les personnes plus âgées et les femmes, qui étaient de manière significative plus âgées que les hommes témoignent d’expériences plus profondes. L’augmentation de la fréquence de survenue des expériences chez les patients qui ont survécu à un premier infarctus du myocarde, ainsi que des expériences plus profondes rapportées par les patients qui ont survécu suite à une réanimation cardio-pulmonaire pré-hospitalière peut résulter des différences d’âge. En effet, ces deux groupes de patients étaient plus jeunes, bien que les différences d’âge ne soient pas réellement significatives.

Les réanimations cardio-pulmonaires longues peuvent parfois entraîner des pertes de mémoire et les patients ainsi affectés témoignent, de manière significative d’un nombre moindre de NDE. Aucune relation n’a été mise en évidence entre la fréquence des NDE et le temps écoulé entre la réanimation et le premier interview (délai de 1 à 70 jours). La mortalité pendant ou juste après le séjour à l’hôpital des patients ayant témoignés d’une NDE était de manière significative plus élevée que celle enregistrée chez les patients qui n’ont pas rapporté de NDE 21% contre 9%, et cette différence étaient d’autant plus marquée chez les patients qui ont témoigné d’une expérience profonde 43% contre 9%.

o De l’étude longitudinale :

Après 2 années de suivi, 19 des 62 patients ayant rapporté une NDE sont morts et six ont refusé d’être interviewés. Ainsi nous ne pouvions qu’interroger 37 patients lors de la seconde partie de l’étude. Tous les patients étaient capables de relater leur expérience presque à l’identique de leur premier interview. 6 patients n’avaient en définitive pas de NDE du tout, ce qui était probablement dû à la définition trop large que nous avions donné des NDE lors du premier entretien.

Nous avons sélectionné le groupe contrôle qui formait un échantillon assorti en fonction de l’âge, du sexe, du temps écoulé depuis leur arrêt cardiaque. Des 282 patients qui n’avaient pas connu de NDE, nous avons contacté 75 de ces patients pour obtenir finalement 37 survivants qui ont accepté d’être interviewés. Deux contrôles rendaient compte d’une NDE se résumant uniquement à des émotions positives et 2 à une expérience "centrale". Le premier interview réalisé après la réanimation avait dû être réalisé trop tôt pour 4 de ces patients pour qu’ils puissent se rappeler de leur NDE, ou pour qu’ils soient disposés ou en mesure de décrire leur expérience. Il nous restait alors la possibilité d’interviewer 35 patients qui avaient connu une NDE avérée et 39 patients qui n’en avaient pas vécu.

Les différences significatives dans les réponses apportées à 13 des 34 points abordés dans le changement de vie des personnes qui ont connu ou pas de NDE ont été résumé. Par exemple, les personnes qui ont eu une NDE ont une croyance accrue dans l’existence d’une autre vie de manière significative et une crainte atténuée de la mort comparativement aux personnes qui n’ont pas vécu une telle expérience. La profondeur de la NDE était liée aux résultats élevés obtenus sur les aspects plus spirituels des questions telles que : l’intérêt porté au sens de sa propre vie, et sur les aspects plus sociaux tels que : l’amour et l’acceptation des autres. Les 13 patients qui ont eu une NDE superficielle ont subi les mêmes transformations spécifiques que ceux qui ont eu une expérience "centrale".

Les 8 années de suivi incluaient : les 23 patients qui ont eu une NDE confirmée après 2 années de suivi. 11 patients étaient morts depuis et 1 n’était pas en état d’être interviewé. Les patients pouvaient encore se remémorer leur NDE presque à l’identique . Parmi les patients qui n’avaient pas vécu de NDE, après les deux années de suivi, 20 étaient décédés et 4 d’entre eux ne pouvaient être interviewés (pour des raisons telles que la démence et de longs séjours en hôpital), ce qui laissait 15 patients n’ayant pas vécu de NDE pour participer au 3ème interview. Tous les patients, y compris ceux qui n’avaient pas vécu de NDE, ont subi des changements positifs : ils témoignaient plus d’assurance personnelle, étaient davantage impliqués socialement et se disaient plus religieux qu’avant. Ce que l’on peut dire également, c’est que les personnes qui n’avaient pas vécu de NDE, sont devenues émotionnellement plus affectées, et même chez certains, la crainte de la mort avait diminué davantage comparativement au groupe ayant vécu une NDE, lors du 2e interview, c’est à dire au bout des 2 années de suivi. L’intérêt qu’ils portaient à la spiritualité avait beaucoup diminué. La plupart des personnes qui n’ont pas vécu de NDE ne croyait pas à une vie après la mort après les 2 ou 8 années de suivi. Les personnes qui ont vécu une NDE développaient un processus plus complexe pour faire face à ce qu’ils avaient vécu, ils étaient généralement devenus plus vulnérables émotionnellement, mais aussi souvent plus intuitifs. Souvent on observait, de manière évidente une augmentation de sentiments intuitifs. La plupart des personnes de ce groupe ne montrait aucune peur de la mort et croyait fermement en une autre vie. Les changements positifs étaient plus apparents après 8 années qu’après 2 années de suivi.

4.Discussion :

Nos résultats montrent que les facteurs médicaux ne peuvent pas expliquer l’apparition des NDE ; bien que tous les patients aient été cliniquement morts, la plupart n’ont pas connu de NDE. De plus, la gravité de la crise ne semblait pas lié à l’apparition ou à la profondeur de l’expérience. Si des facteurs purement physiologiques résultant d’une anoxie cérébrale, étaient la cause d’apparition des NDE, alors la plupart de nos patients devraient avoir connu cette expérience. Les médicaments administrés ne semblent pas liés à la fréquence d’apparition des NDE. Il semble probable que les facteurs psychologiques comme la peur ne jouent pas un rôle très important et ne soient pas liés à l’apparition des NDE. La fréquence de 18% de NDE que nous avons enregistré est plus basse que celle rapportée dans les études rétrospectives, ce qui peut être dû au fait que le schéma de notre étude nous préserve d’une auto-sélection des patients. Notre fréquence de NDE est basse malgré la définition large que nous avons donné de l’expérience. Seulement 12% des patients reconnaissent avoir vécu une NDE particulièrement profonde, et ce résultat pourrait être une surestimation. Dans une étude prospective avec le même schéma que la notre, 6% des 63 survivants à un arrêt cardiaque ont témoigné d’une expérience particulièrement profonde, et 5% gardaient en mémoire quelques composantes d’une NDE (score bas de notre étude) ; ainsi, avec notre définition large de l’expérience, 11% de ces patients ont rapporté avoir vécu une NDE. Ainsi, la fréquence admise d’apparition de l’expérience avoisine probablement les 10%, ou 5% si on se base sur le nombre de réanimations plutôt que sur le nombre de patients réanimés. Les patients ayant survécu à plusieurs réanimations cardio-pulmonaires ont significativement plus de chance de vivre une NDE. Nous avons remarqué que la fréquence d’apparition des NDE était plus élevée chez les personnes de moins de 60 ans que chez des personnes plus âgées. Dans d’autres études, la moyenne d’âge au moment de la NDE est inférieure à celle que nous avons estimé (62,2 ans) et la fréquence de l’expérience est plus élevée. Morse a pu voir 85% de NDE chez les enfants, Ring a enregistré 45% de NDE chez des personnes dont la moyenne d’âge est de 37 ans, et Sabom a vu 43 % de NDE chez des personnes âgées de 49 ans en moyenne ; ainsi, l’âge et la fréquence d’apparition de l’expérience semblent être liés. Dans l’étude de Sabom, l’arrêt cardiaque était à l’origine de l’expérience chez la plupart des patients, alors que dans d’autres travaux, cela était le cas pour seulement un faible pourcentage de patients. Nous avons vu que les personnes ayant subi une réanimation en pré-hospitalier et qui avaient connu des NDE plus profondes que les autres patients, avaient tendance à être plus jeunes, comme l’étaient ceux qui ont survécu à un arrêt cardiaque lors d’un infarctus inaugural (NDE les plus fréquentes), ce qui semble indiquer que l’âge est probablement un élément décisif dans la valeur significative à retenir parmi ces différents facteurs. Les personnes plus âgées ont une chance plus faible de retrouver leurs facultés cérébrales après des réanimations difficiles et compliquées, suite à un arrêt cardiaque. Les patients plus jeunes ont plus de chance de survivre à un arrêt cardiaque, et donc de décrire leur expérience. Une bonne mémoire à court terme semble être un élément essentiel dans la remémoration de la NDE. Les patients qui ont présentés des troubles de la mémoire après une réanimation prolongée ne rapportent qu’un petit nombre d’expériences comparativement aux autres patients de notre étude, il semblerait que l’oubli ou le refoulement de telles expériences dans les premiers jours qui suivent la réanimation soit l’élément probable qui surviendrait chez les patients restants, parce qu’aucune relation n’a été mise en évidence entre la fréquence d’apparition des NDE et la date du premier interview. Cependant, après 2 années de suivi, deux patients se sont remémorés avoir vécu une NDE particulièrement profonde et deux autre une NDE se résumant seulement à des émotions positives qu’ils n’avaient pas rapporté aussitôt après leur réanimation, probablement à cause de troubles de la mémoire à ce moment là. Il est remarquable que les personnes puissent se rappeler leur NDE de manière presque à l’identique après 2 et 8 ans. Pour l’instant, des comparaisons valables entre des études rétrospectives (qui ont inclus une certaine sélection des patients, des enregistrements médicaux non fiables et utilisé des critères différents pour l’évaluation de la NDE ) et notre étude prospective sont quasiment impossible à réaliser. Notre recherche de suivi longitudinal portant sur les processus de transformation après NDE confirme les transformations décrites par beaucoup d’autres. Plusieurs de ces enquêtes avaient pris en compte un groupe contrôle pour permettre l’étude des différences dans la transformation, mais dans notre recherche, les patients ont été interviewés 3 fois en 8 ans, avec un groupe de contrôle équivalent. Nos résultats montrent que le processus de changement après NDE tend à prendre plusieurs années pour se "consolider". Vraisemblablement, en plus des processus psychologiques internes potentiels, il existe une raison sans doute liée au comportement négatif de la société vis à vis des NDE, qui conduit les individus à nier ou supprimer leur expérience par crainte de rejet ou de ridicule. C’est ainsi que le conditionnement social peut rendre le vécu des NDE comme traumatisant, alors qu’en elle-même cette expérience n’est nullement psycho-traumatisante. Ce que l’on peut avancer comme résultat est que les effets de l’expérience peuvent être retardés pendant des années et ce n’est que graduellement et avec difficultés que la NDE est acceptée et peu à peu intégrée De plus, les effets de transformation à long terme conséquent d’un arrêt cardiaque qui ne dure que quelques minutes est une découverte non seulement surprenante mais inattendue. L’une des limites de notre étude est que notre groupe d’étude portait exclusivement sur des patients cardiaques hollandais qui étaient généralement plus âgés que les groupes étudiés dans les autres études. Par conséquent la fréquence de NDE que nous avançons pourrait ne pas être représentative de tous les cas, une fréquence plus élevée pourrait être attendue avec des sujets plus jeunes, ou les taux pourraient varier si l’on considérait d’autres populations. De même, les taux de NDE pourraient varier chez les personnes qui survivent à des épisodes de mort imminente provenant d’origine autre que cardiaque, comme la noyade, les accidents mortels de circulation avec traumatisme cérébral, et l’électrocution. Il serait, cependant, impossible dans la plupart de ces cas, de mener des études prospectives. Par manque de preuves pour toute autre théorie sur les NDE, le concept jusqu’ici présumé mais jamais encore prouvé, d’après lequel la conscience et les souvenirs seraient localisés dans le cerveau devrait être reconsidéré. Comment une personne peut-elle expérimenter une conscience claire en dehors de son corps au moment où le cerveau ne fonctionne plus durant une période de mort clinique avec des EEG plats . Au cours d’un arrêt cardiaque, l’EEG devient aussi généralement plat, dans la plupart des cas dans les 10 s qui ont suivi la syncope. De plus, des aveugles de naissance ont décrit de réelles perceptions visuelles lors de sortie hors du corps au moment de cette expérience . Les NDE repoussent les limites des idées médicales admises au sujet de la gamme des relations existant entre la conscience humaine et le rapport de l’esprit et du cerveau humain. Une autre théorie défend l’idée que les NDE pourraient être un état de conscience modifiée (transcendance), dans lequel l’identité, la connaissance et l’émotion fonctionneraient indépendamment du corps inconscient, mais admet la possibilité de perception non-sensorielle. La recherche devrait se concentrer davantage sur l’effort à apporter pour expliquer scientifiquement l’apparition et le contenu des NDE. La recherche devrait se focaliser sur certains éléments spécifiques des NDE, tels que : la sortie hors du corps et autres aspects plus faciles à vérifier. En définitive, on devrait considérer la théorie et le contexte de la transcendance comme étant une part intégrante du cadre explicatif à donner à de telles expériences."


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