Accueil Brèves Plan du site Contact Wiki Forums



 

La parapsychologie : quand mythe et réalité tendent à se rejoindre

Table ronde animée par Gregory Gutierez et Eric Raulet, avec Yves Lignon, Jacques Louys et Mario Varvoglis


Nouvel extrait de l’ouvrage "Le paranormal : entre mythes et réalités".

La parapsychologie, en prétendant soumettre les phénomènes "paranormaux" à une méthodologie scientifique, constitue certainement l’un des sujets les plus controversé dans ce domaine. Sa longévité en fait à la fois une représentante incontournable de l’inexpliqué, mais également un maillon faible tant ses avancées depuis sa naissance paraissent pauvres. Faut-il considérer que cette discipline n’est qu’un "leurre" scientifique et ne se base sur rien de concret ? Les phénomènes "psi", que les recherches s’efforcent de démontrer à travers des expérimentations de laboratoires, appartiennent-ils au mythe ? Pourquoi, dès lors, de nombreuses structures dans le monde continuent-elles d’accorder à ces travaux des budgets si conséquents ?

Yves Lignon, membre du Département de mathématiques à l’Université Le Mirail à Toulouse, directeur de publication de le Revue française de Parapsychologie, fondateur du GEEPP-Laboratoire de Parapsychologie de Toulouse

Jacques Louys, psychiatre, vice-président de l’Association Française des Psychiatres d’Exercice Privé

Mario Varvoglis, Ph. D. en psychologie expérimentale, Président de l’Institut Métapsychique International, auteur de « La rationalité de l’irrationnel »

-  Intervention de Mario Varvoglis (extrait)

On a pu lire ou voir ici et là que l’armée américaine aurait engagé des moyens pour créer des "espions médiums". Faut-il considérer ces informations comme sérieuses ou comme le produit de l’imagination populaire, voire de la science fiction ?

Non, ce n’est pas de la science-fiction. En fait, pour l’instant on ne connaît de ces projets qu’une petite partie de ce qui a vraiment été fait. Essentiellement le projet Stargate, qui a été lancé au début des années 70 et a duré jusqu’en 95, était un projet de recherche et d’application financé par l’Etat américain et surtout par la Defense Intelligence Agency qui regroupe toutes les agences de renseignement aux Etats-Unis. L’objectif visé, bien sûr, c’était d’utiliser les capacités psi de certains personnes à des fins militaires, surtout des applications d’intelligence. Pourquoi envoyer des espions en URSS, si on peut avoir les mêmes informations de chez nous, simplement par clairvoyance ? Bien entendu, certains ne comprenaient pas comment la parapsychologie a pu se glisser dans le monde hyper-rationnel et carré de l’armée, mais les américains ont un coté très pratique, ils jugent par les résultats. Il est clair qu’il y avait de plus en plus de « clients » qui venaient chercher des informations de ces quelques militaires qui étaient sélectionnés, parmi les centaines testés, comme "voyants". En d’autres termes, les réussites des "voyants" étaient suffisamment remarquables pour que les agents de la CIA ou de la DIA ou d’autres organisations d’intelligence, reviennent systématiquement pour avoir du nouveau : pouvez-vous nous donner un petit coup de main sur quelqu’un qu’on a perdu au Moyen-Orient, ou par rapport à un tout nouveau sous-marin russe qui va être bientôt lancé, ou par rapport à Noriega qui est caché au Panama et qu’on ne sait pas comment trouver ?

Donc on parle d’informations parapsychologiques très pratiques, très terre-à-terre. Le programme se situait entre recherche fondamentale et recherche appliquée, l’accent étant sur le psi-réceptif, c’est-à-dire sur les informations qu’on peut percevoir à distance, par rapport à d’autres pays, par rapport aux activités d’un groupe terroriste, etc.

Ce programme a duré 24 ans, et les résultats publiés montrent que ces voyants-militaires, hautement sélectionnés, avaient des résultats systématiquement positifs. Ce qu’on connaît de ce dossier est finalement sortit en Juillet 1995 sous la pression du Sénat américain. Avant cette date, même nous, les chercheurs qui travaillaient dans d’autres laboratoires, ne connaissions pas grand chose... les collègues qui étaient impliqués ne pouvant pas parler spécifiquement de ce qu’ils étaient en train de faire dans ce programme. On savait que la recherche existait, mais on ne connaissait pas les détails.

-  Intervention de Yves Lignon (extrait)

Question :Une objection qui vient à l’esprit de beaucoup de néophytes, et qui alimente les critiques des sceptiques repose sur le fait que la parapsychologie est une science qui n’est plus jeune. Comparativement aux autres disciplines scientifiques, celle-ci semble stagner et ne jamais devoir gagner une véritable reconnaissance. Où se situe le nœud du problème ? Vous avez parlé tout à l’heure, M. Lignon, de "blocages". Quels sont-ils ?

Le blocage idéologique empêche le développement d’institutions travaillant sur la parapsychologie, mais le problème que vous soulevez est un vrai problème de fond et je crois qu’il ne faut pas le nier. De la part des tenants de la parapsychologie répondre "oui toutes les sciences nouvelles patinent" constitue à mes yeux une dérobade épistémologique parce qu’il est patent que la parapsychologie depuis ses débuts, disons vers 1850, progresse plus lentement que ce qu’a progressé toute autre démarche scientifique dans le passé.

E.R : On pourrait même vous dire que c’est un aveu d’échec.

Oh non, non ce n’est pas un aveu d’échec, ce serait plutôt un constat de différence d’où découle, selon moi, une énorme interrogation. Il est vrai que la pensée scientifique dès qu’elle s’est attaquée à un problème a toujours avancé à une certaine allure et (en tenant compte, bien sûr, de l’environnement historique) on pourrait presque définir une vitesse moyenne d’avancée de la science. Et ce qui est tout aussi vrai c’est qu’en parapsychologie on se trouve bien en-deçà de cette vitesse moyenne. Cette lenteur se range parmi les problèmes épistémologiques qui se posent aux chercheurs. Un de mes amis qui a travaillé avec moi à Toulouse et qui maintenant s’occupe de parapsychologie au Québec, avait trouvé une comparaison qui me semble très pertinente. Quand on lui demandait où en était la parapsychologie il répondait : "Nous avons ramassé des cailloux au pied d’une montagne, nous avons étudié ces cailloux et nous savons tout d’eux, absolument tout, nous savons même qu’ils viennent de la montagne mais de la montagne nous ne savons rien". Il faut effectivement reconnaître que dans n’importe quelle autre discipline on en serait déjà à l’exploration de la montagne et, en conséquence, accepter de se questionner. En ce qui me concerne j’avoue qu’intellectuellement j’en reste là car je n’ai sans doute ni la formation ni les compétences nécessaires pour aller plus loin mais il ne faut pas se voiler la face. Quand nos contradicteurs mettent l’accent sur notre lenteur ils grattent l’endroit qui démange et ont raison de le faire.

-  Intervention de Jacques Louys (extrait)

Question : Vous vous intéressez personnellement à la parapsychologie et avez même eu l’occasion d’examiner quelques expériences qui s’y réfèrent. Comment le psychiatre que vous êtes peut-il aborder ce domaine, compte tenu du fait que l’ensemble des psychiatres semblent fermés à cette discipline ?

Je suis psychiatre privé et je m’occupe pour le moment de la recherche dans l’Association Française des Psychiatres d’Exercice Privé où on n’a pas du tout cette situation de fermeture ; on se sent tout à fait libres pour des travaux scientifiques à ce propos et on n’a pas du tout de blocages institutionnels . Mais on a par contre peut-être des blocages conceptuels . Je vais essayer de dire là -dessus deux-trois mots.

D’abord, je ne m’intéresse pas à la parapsychologie depuis hier, mais bien avant. J’avais déjà fait une maîtrise quand j’étais jeune sur les Saints guérisseurs et sur les facultés de guérison ; donc c’est un sujet qui m’intéresse depuis longtemps, notamment sous cet aspect du don de guérison . Celui-ci est souvent un don de psychothérapie ou de psychosomatothérapie, donc dans mon champ . C’est un sujet un peu important et j’interviewe volontiers mes confrères à ce propos . Je leur demande s’ils pensent qu’ils ont un don et comment ils le vivent, et de quelle famille ils viennent ? Chez pas mal de mes confrères je me suis aperçu qu’ils venaient de familles où on discutait de parapsychologie déjà dans l’entre-deux-guerres et qui ont été tout à fait sensibilisés à ces choses-là , qui ont des mères voyantes, etc. Donc c’est un domaine qui ne nous est pas étranger et sur lequel on n’aurait aucune inhibition à travailler scientifiquement si on était capable de le faire. Mais il nous manque un peu des cadres mentaux pour le faire parce que . Nous on travaille cela sous l’angle de la maladie : est-ce qu’une faculté paranormale est un symptôme, c’est-à-dire qu’elle fait souffrir les gens ? On a discuté de cela de façon très intéressante à propos des NDE : comment cela peut-il faire souffrir les gens après l’atteinte de leur narcissique, de l’atteinte de leurs limites de soi . D’autre part, est-ce que les personnes qui sont des malades mentaux développent particulièrement des facultés parapsychologiques ? Ce sont des questions qui nous intriguent, sur certains points comme la voyance ou le don de guérison . Je pense même qu’on peut parler ce propos de défenses de type autistiques, de façons autistiques de se défendre dans la vie , Prenons le mode de défense de la voyance qui apparaît par des flashs. Le noyau de la voyance, c’est le flash. C’est très répandu. Vous nous disiez que c’était rare. Je me demande en fait combien de personnes ont réellement dans la population des flashs de type voyance. Plus je m’y intéresse, plus je questionne à ce sujet, plus j’en trouve ! Sur des petites séries, je peux bien voir que 10 à 20 % de gens peuvent présenter ce type de chose. C’est quelque chose de considérable et qui mériterait des études sur de vastes panels . On ne sait pas quoi faire avec ça ; les gens ne savent pas quoi en faire ; les gens qui vont plus loin, qui en font quelque chose, se mettent à tirer les cartes. Il y en a quand même beaucoup qui vont plus loin que de subir des flashs ; il y a beaucoup plus de voyantes que de psychiatres par exemple.

Les personnes qui développent un don de guérison sont souvent des personnesqui sont passées par la voyance ou qui ont des flashs de voyance ; ils développent à partir de cela un don de guérison. Si on veut faire un travail scientifique là-dessus, on peut trouver à mon avis et démontrer une solution de continuité entre l’autisme, la voyance et le don de guérison. Alors bien sûr que cela nous intéresse, nous qui sommes des thérapeutes.


[ Imprimer cet article ] [ Haut ]
 

 
 

Scepticisme et non-psi

Parapsychologie

      Introduction
      Articles
      Travaux
      Pour aller plus loin...

Paranormal spontané

      Articles
      Témoignages
      Témoigner

OVNI

      Articles
      Témoignages
      Témoigner
      Pour aller plus loin...

NDE / EMI

      Articles
      Travaux
      Témoignages
      Témoigner

Réflexions autour du paranormal

Bibliographie

Paranormal-info.com


Rechercher sur le site :


      Contact
      Forums

[ Plan du site ] [ Haut ]
 

 
Service de consultation

En cas de difficultés, ou d'interrogations, concernant des expériences paranormales que vous auriez pu vivre, nous vous conseillons de contacter le Centre d'Information, de Recherche et de Consultation sur les Expériences Exceptionnelles :

circee

 
Accueil Brèves Plan du site Contact Wiki Forums




Copyright © paranormal-info.com 2004-2005

Site développé avec SPIP, un programme Open Source écrit en PHP sous licence GNU/GPL.
Design © Drop Zone City