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Le paranormal : Un faux mythe et de vraies problématiques

Table ronde, avec : Eric Raulet, Michel Boccara, Christine Hardy, Bertrand Méheust, Paul-Louis Rabeyron et Jacques Vallée.


Nouvel extrait de l’ouvrage "Le paranormal : entre mythes et réalités".

Introduction :

Cette première table ronde aborde le thème central du symposium : "Les mythes et le paranormal - Faut-il parler de mythes ?" Pour bon nombre de personnes, le paranormal est un ensemble plus ou moins confus de croyances, fantasmes et autres troubles de l’esprit qui persuadent de l’existence de réalités "surnaturelles". La raison, et à travers elle les sciences, ne reconnaît pas d’existence objective à ces phénomènes.

Néanmoins, sans entrer dans le débat de fond, il est frappant de constater que le "paranormal" recèle en dehors de son exploitation par des charlatans et mythomanes, des témoignages et un environnement qui n’ont rien d’irrationnel. Certains phénomènes paranormaux tels que la perception à distance ou les OVNI ne font-ils pas l’objet d’études approfondies de la part de scientifiques, d’universités et même d’Etats ? Peut-on balayer d’un revers de main un ensemble de phénomènes qui fait partie de notre patrimoine culturel, et continuent à se manifester - voire à s’amplifier - malgré les progrès des sciences et des technologies de ces dernières décennies ? Est-on certain que le paranormal, notion qui demeure floue, doive être systématiquement considéré comme un mythe ? Dans ce cas, le terme de "mythe" ne renvoie-t-il pas à des réalités qui résisteraient aux modes de connaissance actuellement en vigueur ? Pour tenter de répondre à ces questions, cinq intervenants :

-  Michel Boccara, chercheur au CNRS UMR 6053 "Psychanalyse et pratiques sociales de la santé" travaille sur l’hypothèse d’une pratique mythique aux fondements du social. A notamment publié « Les labyrinthes sonores, encyclopédie de la mythologie maya yucatèque, Ductus-URA 1478 ».

-  Christine Hardy, Dr es sciences humaines, ethnologue Dr d’Etat, auteur notamment de « Le vécu de la transe ».

-  Bertrand Méheust, Dr en sociologie, auteur notamment de « Somnambulisme et médiumnité ».

-  Paul-Louis Rabeyron, médecin, psychiatre des hôpitaux et Directeur médical d’un centre médicopsychopédagogique, responsable d’un enseignement à l’Université Catholique de Lyon (créateur d’une U. V. intitulée : « Sciences, société et phénomènes dits paranormaux »), collaborateur notamment de « La pensée scientifique et les parasciences »

-  Jacques Vallée, Informaticien américain d’origine française, docteur es sciences de l’Universite Northwestern et chef de projet pour les téléconférences sur le réseau Arpanet, Prix Jules Verne, auteur de "Révélations" et modèle du savant français joué par François Truffaut dans "Rencontres du Troisième Type

Extraits de la table ronde :

-  Intervention de Christine Hardy (extrait)

Le paranormal n’est pas seulement un objet exploité par des charlatans. Il est étudié par de nombreuses structures scientifiques de recherches dans le monde. Christine Hardy, vous avez régulièrement travaillé dans des laboratoires de parapsychologie aux USA

Oui, je travaille toujours en forte connexion avec les États-Unis, pas exactement en parapsychologie ces dernières années, mais plutôt en sciences cognitives, sur un modèle théorique qui d’ailleurs envisage le psi comme s’intégrant dans un fonctionnement naturel de l’esprit. Mais j’ai travaillé auparavant dans un laboratoire de parapsychologie de Princeton (les Psycho-physical Research Laboratories), lorsque je préparais ma thèse de doctorat sur les états modifiés et le psi (que j’ai passée en France). Je peux donc vous brosser un tableau des recherches aux USA et dans le monde, et de ce qui s’est passé ces vingt dernières années. Tout d’abord, je voudrais m’exprimer sur ce qui se passe à la télé sur ces sujets en France : on n’arrive presque jamais à présenter les expérimentations de laboratoire et à discuter de leurs résultats ; le débat en France sur les phénomènes psi est sans arrêt dévié vers un débat autour des voyantes et des mages, axé surtout sur le côté social et financier, voire frauduleux, de la chose. Or il est vraiment très important de réaliser que non seulement il y a une recherche expérimentale extrêmement volumineuse faite par un très grand nombre de chercheurs dans divers pays et de nombreux laboratoires, mais que cette recherche est vraiment très sérieuse ; elle est menée dans des laboratoires spécialisés, et elle est complètement informatisée maintenant depuis une quinzaine d’années. Depuis la fin des années 70, cette recherche a accumulé des données qui sont maintenant complètement en faveur d’au moins quatre catégories de base de phénomènes psi, et ceci d’une façon qui ne peut plus être mise en doute par aucun scientifique se donnant la peine de regarder tant soit peu ces données en question. Ces quatre phénomènes psi pratiquement prouvés sont 1) la télépathie (notamment par le protocole du Ganzfeld lancé par le laboratoire PRL), 2) la précognition (la faculté de prédire les événements avant qu’ils n’arrivent), 3) la bio-PK (la capacité à influencer la matière vivante, ou bio-psychokinèse) et 4) la micro-PK. Prenons en premier la micro-PK c’est-à-dire la capacité à modifier le comportement d’un générateur aléatoire (c’est-à-dire la distribution normale de hasard) et ceci de façon intentionnelle.

Il s’agit là d’une expérimentation de base qui a été informatisée dès le début des années 80 et qui a toujours lieu. Elle utilise un système parfaitement aléatoire (un générateur de nombres aléatoires, ou RNG) qui au début, dans les expérimentations de Helmut Schmidt, était basé sur des émissions de particules ; ensuite les chercheurs ont utilisé le bruit blanc électronique et les RNG sont devenus des cartes connectées à un ordinateur. Dans ces expériences, des séries de nombres générés au hasard sont converties en des points graphiques sur l’écran (ou encore des sons), et le sujet a donc pour tâche de faire monter ou descendre une ligne, ou encore d’élargir ou rétrécir un faisceau lumineux, selon la façon dont les données aléatoires sont transcrites par le programme (tout ceci ayant pour but de rendre la tâche des sujets plus sensorielle et plus agréable). On observe donc que lorsque le sujet a l’intention par exemple, de faire monter une courbe, ce qui revient à modifier la distribution du hasard, les résultats globaux sont souvent positifs bien que petits dans des expérimentations particulières ; mais ces résultats deviennent gigantesques lorsque les données sont accumulées au fur et à mesure des années. Car on procède alors à une méta-analyse, c’est-à-dire à l’analyse statistique de toutes les expérimentations qui ont été faites sur un phénomène psi particulier, par exemple ici la micro-PK (bien sûr il s’agit là d’une méthodologie statistique utilisée en psychologie expérimentale et tout a fait acceptée en science). En effet, les expérimentations psi sont menées par différents chercheurs dans divers laboratoires aux États-Unis et en Europe, mais elles utilisent des protocoles similaires, et vers la fin des années 80 on a commencé à en faire des méta-analyses. Or, lorsqu’on analyse statistiquement toutes les expérimentations basées sur le même protocole, les résultats sont incontournables.

Par exemple, la méta-analyse faite sur la micro-PK par Radin et Nelson a donné un résultat au niveau probabilité (pour ceux qui connaissent un tout petit peu les probabilités) de p = 10-35.. Il y avait plus de 600 sessions expérimentales, 250 expérimentations contrôle, et 70 chercheurs différents au cours des années. 10-35, cela veut dire qu’il y a une seule chance sur des milliards, de milliards, de milliards ... que les résultats soient dus au hasard. Ce sont des chiffres astronomiques, et cela veut dire qu’il n’y a plus aucune possibilité réelle que ces résultats soient dus au hasard, vous voyez ce que je veux dire ? (...)

-  Intervention de Jacques Vallée (extrait)

Il y a beaucoup de choses à dire sur les sujets qui ont été évoqués ! Je voudrais revenir sur la notion de paranormal, la notion de mythe, et puis continuer ce que disait Christine sur les sites américains et les sources. D’abord sur le paranormal — on est toujours le paranormal de quelqu’un ! Il n’y aurait pas de science s’il n’y avait pas d’anomalies ! Je crois que c’est Einstein qui avait dit, « la science commence avec le mystère ». C’est parce qu’on se pose des questions sur un phénomène qui ne rentre pas dans le cadre établi qu’on est inspiré à faire une nouvelle recherche et à mettre en question les théories d’antan. Donc le paranormal est un facteur essentiel dans le progrès de la science.

Ce qu’on fait aujourd’hui en informatique, en physique, en biotechnologie ou en génomique, si on l’avait décrit à un scientifique il y a 15 ans, il vous aurait dit que vous étiez fou et que c’était absolument paranormal. Je veux vous rassurer aussi, parce qu’on a tendance à s’enclaver et à devenir aigri en parapsychologie et dans l’étude des OVNI : On est rejeté par les sceptiques et par les savants académiques, mais vous savez ce sont les mêmes qui ne voulaient pas qu’on fasse d’informatique, ce sont les mêmes qui ont rejeté les satellites artificiels, ce sont les mêmes qui ont rejeté toutes les grandes percées technologiques.

J’ai eu l’occasion de diriger des recherches sur le reseau Arpanet qui était l’ancêtre d’Internet, or beaucoup de gens ont combattu cette structure de réseau pendant les 25 dernières années jusqu’à ce que la structure qu’on connaît aujourd’hui comme Internet triomphe mondialement. Et c’est normal que l’avancée scientifique doive toujours se heurter à un scepticisme. Je crois que le scepticisme est sain dans ce domaine-là, c’est un dialogue qui doit continuer à se développer, il faut arriver à trouver des arguments suffisamment forts pour gagner ce dialogue. Ce qui est frappant aux États-Unis, comme le faisait remarquer Christine, c’est que les recherches sont faites dans des laboratoires de physique, non pas dans des laboratoire de psychologie . Au Stanford Research Institute nos recherches étaient faites dans le laboratoire de radio-physique. A Princeton, c’est le doyen de la faculté d’engineering qui dirige les travaux sur la psychokinèse (...)

-  Intervention de Paul-Louis Rabeyron (extrait)

Il m’a semblé qu’il y avait en France un manque notoire, puisqu’il n’existait pas de lieu, dans un cadre universitaire, où l’on puisse tenter d’aborder sereinement les questions qui se posent à propos du paranormal. Sous forme, du moins, d’un enseignement organisé, comptant dans des cursus reconnus . Il existait bien le travail d’Henri BROCH, physicien à Nice, mais il s’agissait et il s’agit toujours, à ma connaissance, d’une réflexion se voulant méthodologique et épistémologique sur les sciences, plus particulièrement expérimentales, autour du concept de “ zététique ”, et prenant le champ du paranormal comme prétexte. Si cela est loin d’être inintéressant, et je n’hésite pas à citer des travaux issus de ce courant de pensée aux étudiants, il n’est ainsi traité, à mon sens, qu’une partie du sujet, puisque l’ouverture sur les sciences humaines, par exemple, en est très absente. De plus, l’épistémologie soustendant ces positions, et qu’en première approche je qualifierais de “ normative ”, pour respectable qu’elle soit ( pour peu qu’elle-même respecte les autres façons d’envisager les choses), ne peut que difficilement rencontrer et donc intégrer des phénomènes qui “ attaquent ” cette épistémologie même.

Il m’a donc semblé que ce manque laissait le champ libre à différents types de discours, pas toujours très pertinents et rationnels. En particulier, le discours médiatique, pour le moins chaotique et contradictoire dès qu’il s’agit d’aborder la paranormalité, ou bien le discours sectaire, toujours réducteur et pouvant prendre des formes plus ou moins organisées, avec tous les risques qu’il comporte. J’étais également frappé par la grande méconnaissance des milieux intellectuels à propos de ces questions. Ce constat est celui que sont conduits à faire tous ceux qui ont été amenés à se pencher sur les phénomènes paranormaux. Un important travail pédagogique était à mener, travail que j’ai eu la chance de pouvoir initier à Lyon. Le fait qu’il ait pu s’inscrire dans un contexte universitaire ne peut que contribuer à une certaine forme de reconnaissance de la problématique en question.

En mettant en place cet enseignement, j’avais aussi l’impression - et je l’ai toujours - de rester également dans mon champ professionnel de départ, à savoir celui de l’hygiène mentale et de la prévention médicopsychologique. En permettant la mise au travail de questions massivement refoulées dans notre culture, du moins dans le champ de la connaissance académique, j’espère participer, même si ce n’est qu’à une toute petite échelle, à quelques ouvertures et apaisements, tentant de limiter les dégâts générés par les discours extrêmes.

Je crois que l’on peut aider ceux qui vivent certaines expériences à ne pas se considérer comme sortant du champ de l’humain ( devenant alors fous, monstres, diables ou dieux...) et que l’on peut aussi aider ceux qui pensent ne jamais vivre ni entendre parler d’ “ expériences paranormales ” à s’en faire une idée qui correspondent à la réalité de celles-ci, dépassant ainsi des prises de position idéologiques qui confisquent trop souvent le débat.


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