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Les discours sur l’au-dela

par André Gounelle, théologien


André Gounelle etant un Théologien appartenant à l’Eglise Réformée, il était bien placé pour s’exprimer sur la question de l’au-delà. Coauteur, avec F. Vouga, de l’ouvrage “ Après la mort qu’y a-t-il ? ” (1990, Ed. Du Cerf), il nous a autorisés à reproduire une partie de l’introduction de ce livre qui illustre l’esprit dans lequel il a été rédigé, après avoir précisé que « L’église réformée de France, comme la plupart des églises protestantes historiques, fonctionne de manière peu dogmatique. Elle n’a pas un magistère qui détermine ses positions. Elle demande à chacun de se prononcer en fonction de ce qu’il sait, de ce qu’il pense et croit, en se confrontant toutefois avec le message de l’évangile. Elle met parfois en garde contre des dangers (en particulier celui que la préoccupation de l’au-delà ne fasse pas disparaître les soucis et les engagements dans l’ici-bas), mais ne se prononcera ni pour ni contre de possibles contacts avec l’au-delà. Elle estime ne pas avoir compétence en ce domaine. »

LES DISCOURS SUR L’AU-DELÀ

Cet ouvrage n’entend pas traiter de la mort en elle-même, ni de ce qu’elle représente et signifie pour l’être humain. Il ne se demande pas comment s’en approcher, s’y préparer, ni comment accompagner les mourants et affronter le décès de ceux que l’on aime. Ces dernières années, de nombreux auteurs (des historiens, des sociologues, des ethnologues, des philosophes, des théologiens, des médecins) ont abordé, souvent avec pertinence, ces questions. Ce livre répond à un projet différent. Comme l’indique son titre, il s’interroge sur ce qui suit la mort. Les ecclésiastiques et universitaires ont tendance à délaisser ce sujet, naguère classique, probablement en réaction contre l’importance jugée excessive qu’on lui a accordée autrefois, et sans doute également par le souci de se démarquer d’une littérature pseudo religieuse et pseudo scientifique d’une affligeante qualité. Pourtant le succès qu’elle connaît rend d’autant plus nécessaire que des théologiens réfléchissent, travaillent et s’expriment sur ce point. Ces pages voudraient apporter une modeste contribution à une recherche indispensable, et pourtant assez délaissée.

A quelques rares exceptions près, partout et toujours, le problème de l’après-vie a tourmenté et fasciné les êtres humains. Ils ont essayé d’en découvrir la solution avec toutes les ressources de leur raison et de leur imagination, en s’appuyant souvent sur des lumières et des révélations religieuses, ou en interprétant des expériences extraordinaires. Dans cette préoccupation permanente, on a, parfois, discerné l’une des caractéristiques constitutives de l’humanité. Les discours sur l’au-delà abondent. Ils se répartissent, pour la plupart, en trois grandes catégories1 que cette introduction va successivement examiner.

Les discours des religions

Presque toutes les religions parlent de l’au-delà. Beaucoup lui accordent une place centrale. Dans bien des cas, il fonde, structure, oriente leur piété, leur éthique ainsi que leurs enseignements . Qu’en disent-elles ?

Très souvent, elles considèrent que l’après-vie se déroule en deux étapes. La première commence immédiatement après le décès. Elle se caractérise par des tribulations, des turbulences et des déplacements. Le défunt subit diverses épreuves ; il passe par des examens et des jugements ; son être se modifie. cette période de transition, plus ou moins longue, constitue, pour reprendre une expression de John Hick (Death and Eternal Life, Harper & Row, San Francisco 1976), une « pareschatologie », c’est-à-dire un préliminaire à l’eschatologie. Vient, ensuite, l’eschatologie au sens propre, c’est-à-dire l’ultime et le terminal. Le défunt a alors atteint le but dernier ; il est parvenu à son état définitif ; plus rien ne lui arrive. On constate une immense diversité des représentations de la pareschatologie. A ce niveau-là, on trouve des descriptions fantastiques, souvent détaillées, très différentes selon les religions et les cultures. Par contre, les conceptions de l’eschatologie sont peu nombreuses. En négligeant les variantes et en s’en tenant aux grandes lignes, on peut distinguer six thèmes principaux, dont certains se combinent, se juxtaposent ou s’interpénètrent, alors que d’autres, au contraire, s’excluent.

-  Premier thème : la vie diminuée. Une existence amoindrie, appauvrie, évanescente succède au décès. Ainsi selon plusieurs textes de l’Ancien Testament, dans le shéol (séjour des morts), les défunts mènent une vie dégradée, plutôt triste et misérable, sans joie ni espérance. Ils ne peuvent pas louer Dieu n’y voir Sa face. Ils se trouvent irrémédiablement séparés et éloignés de Lui. On rencontre des idées voisines dans le monde grec, souvent très proche des conceptions bibliques. Le chant XI de l’Odyssée décrit les morts comme des êtres falots, dépourvus d’énergie, de vigueur et de puissance. Ils manquent de consistance. Ils possèdent une réalité fantomatique qui fait d’eux seulement des ombres. Ils sont malheureux et éprouvent la nostalgie de leur existence passée. Cette nostalgie reste, toutefois, faible parce qu’ils sont devenus incapables de sentiments forts, parce que l’oubli, symbolisé par la traversée de fleuve Léthé, estompe et gomme les souvenirs. Leur décès les a réduits à l’état de spectateur demi endormis, vaguement présents à eux-mêmes et aux autres, avec peu de conscience et de mémoire. Leur sort n’a rien d’enviable.

-  Deuxième thème : la vie exaltée. Il représente l’exact opposé du précédent, et apparaît beaucoup plus tard. On le rencontre, entre autres, dans les imageries populaires du christianisme et de l’islam. Loin d’entraîner une perte ou une diminution d’être, le décès apporte à l’homme une intensité supérieure, une sorte d’exaltation en positif ou en négatif. Les morts connaissent soit un bonheur, soit un malheur supérieur à celui des vivants. Quand les choses se passent bien, le défunt, débarrassé des contraintes, des soucis et des pesanteurs de l’existence terrestre, devient un bienheureux, et jouit d’une félicité sans bornes. Ses passions disparaissent, son savoir augmente. Il participe à la sagesse, à la vérité et à l’harmonie éternelles. Selon des formules souvent employées lors des condoléances, quand on meurt, on part pour un monde meilleur, et les vivants sont, en réalité, plus à plaindre que les morts. Lorsque les choses se passent mal, le défunt subit des supplices abominables, et ses souffrances ne se terminent jamais.

-  Troisième thème : une existence terrestre invisible. L’au-delà et l’ici-bas se trouvent dans le même lieu, mais représentent deux modes d’existence différents. Les défunts ne quittent donc pas le monde, mais on ne les voit plus. Ils se manifestent cependant de diverses manières, et remplissent d’importantes fonctions sociales : ils maintiennent la cohésion du groupe, veillent au respect de sa morale, assurent la fécondité des femmes et celle de la terre. Ils servent d’intermédiaires et régulent les relations entre les vivants ordinaires et les esprits. Ce qu’on appelle le culte des ancêtres consiste le plus souvent en un ensemble de règles de convivialité avec les disparus. Les défunts habitent dans ce monde de manière particulière ; le décès change, mais ne supprime pas leurs relations avec les êtres et les choses.

-  Quatrième thème : la séparation de l’âme et du corps. Le décès opère une dissociation entre les deux éléments qui composent notre être, à savoir l’âme et le corps. Il importe ici de se méfier du vocabulaire qui risque d’égarer. Dans bien des cas, on n’assimile pas simplement le corps à la matière ; il correspond plutôt à ce qu’on pourrait appeler la personnalité phénoménale (telle qu’elle apparaît et se manifeste). En général, on ne voit pas dans l’âme un principe purement spirituel ; elle possède une matérialité de type différent (plus subtile, moins charnelle) de celle du corps, mais non moins réelle. Elle peut d’ailleurs se rendre visible, percevoir ce qui se passe, et avoir une activité physique.

La mort n’atteint pas l’être tout entier, mais seulement l’une de ses parties. Au moment du décès, le corps mortel périt, tandis que l’âme immortelle subsiste. Que devient-elle ? On trouve deux réponses principales à cette question.

Pour les uns, la mort délivre l’âme du corps qui représentait pour elle une prison où elle se trouvait enfermée, ou un boulet qu’elle devait traîner et qui l’alourdissait. L’âme réintègre son domaine propre, sa patrie, la sphère de la métaphysique (c’est-à-dire de ce qui se situe à coté et au-delà du physique). Elle existera désormais conformément à sa nature. Pour elle, le constitue un événement heureux. Platon expose et défend cette thèse dans le Phédon.

D’autres disent que l’âme, ayant perdu le corps auquel était unie, connaît un état de nudité ou de dépouillement. Selon des images courantes, elle n’a plus de vêtement, ou d’habitation. Elle passe pourrait-on dire, d’une existence bourgeoise, logée et habillée, à un état de vagabondage, sans domicile ni costume. Cette situation, plutôt malheureuse et inconfortable, la met mal à l’aise. Elle cherche donc un autre corps pour y entrer, s’en couvrir ou en faire sa demeure. A chaque décès correspond une naissance et la même âme transmigre d’individu en individu. Elle peut prendre un corps humain, animal, voire végétal dans un processus de réincarnation ou de métempsycose. Parfois, on explique ainsi les inégalités entre les êtres ; elle viendrait de l’héritage de leur existence passée. En fonction de ce qu’ils ont fait précédemment, ils jouissent d’un sort meilleur ou pire dans une existence ultérieure.

Il arrive que ce thème s’accompagne d’histoire d’âmes errantes, soit parce qu’elles n’ont pas su découvrir le chemin du monde métaphysique, soit parce qu’elles n’ont pas déniché un corps hospitalier. Ces âmes implorent souvent le secours des vivants.

-  Cinquième thème : la résurrection de la personne. Ici, le décès anéantit l’ensemble de la personne, corps et âme. Notre être forme une unité organique, et ne se compose pas d’éléments dissociables. La mort n’en épargne aucune partie. Elle nous détruit totalement et radicalement. Ensuite, un acte de Dieu vient nous recréer entièrement. Dans cette perspective, on pose presque toujours une solidarité entre le sort de la personne et celui de l’univers. La résurrection des morts s’insère dans une régénération de la terre et des cieux que Dieu renouvelle et transforme. Ce thème, qui a beaucoup influencé les auteurs bibliques, a probablement son origine dans le parsisme. Il pose un problème, celui de la continuité de l’identité entre la personne qui meurt et celle qui ressuscite. Souvent, on suppose entre le décès et la résurrection un état d’hibernation du défunt, ce qui atténue la radicalité de la mort (elle ne provoque plus une annihilation complète), reprend l’idée d’une existence diminuée en la situant dans la pareschathologie.

-  Sixième thème : la fusion dans le tout. La mort entraîne la dissolution de la personne en tant qu’individu ayant des frontières précises, distinct de ce qui l’entoure. Durant notre vie terrestre, nous ressemblons à une étincelle qui jaillirait d’un grand feu, ou à une goutte d’eau isolée de la mer. A notre décès, nous revenons dans l’ensemble dont nous faisons partie. Aristote, par exemple, affirme l’immortalité de l’âme du monde réunissant en elle toutes les âmes particulières. Chacun des éléments de notre être subsiste ; seule disparaît la séparation qui délimitait notre moi, le coupait du reste du monde et le centrait sur lui-même. On pourrait parler, ici, comme le font les philosophes du Process, d’une immortalité objective et non pas subjective. Objective, parce que tout ce qui compose notre être entre et occupe une place dans la synthèse divine de l’univers. Non subjective, parce que le sujet en tant que structure autonome et spécifique s’efface, s’évanouit et se désagrège. Nous sommes en quelque sorte absorbés par Dieu, engloutit par Sa transcendance. Il s’opère une sorte de divinisation de l’être humain, mais au prix d’une perte de la personnalité. On considère quelquefois qu’il ne s’agit pas vraiment d’une perte, parce que la subjectivité relève de l’apparence et de l’illusion ; elle n’a pas de consistance, mais masque la réalité. Au décès disparaît un faux-semblant au profit de l’unité fondamentale de l’être qui seule est réelle.

Les discours racontant des expériences

À côté des discours religieux et rationnels, il existe une troisième catégorie de propos sur l’au-delà : les récits d’expérience qui donnent à penser qu’après le décès, la personne continue à vivre d’une autre manière. Ici, on raconte, et on estime que les faits relatés prouvent l’existence d’un au-delà, même s’ils laissent ignorer les mécanismes qui le régissent, même s’ils n’apprennent pas grand-chose sur ce se passe après la mort. Les expériences mentionnées sont de trois sortes.

1) Les développements de la médecine moderne permettent, dans certains cas, de véritables retours à la vie. On arrive parfois à ranimer des gens déjà entrés dans la mort. En quelque sorte, on les rattrape, on les fait revenir en arrière alors qu’ils ont juste franchi le seuil. Leur expérience permet-elle de jeter un coup d’oeil sur l’au-delà et de se faire une idée de ce qui nous attend après la vie ?

Un psychiatre américain, Raymond Moody, a soulevé cette question dans un livre intitulé La Vie après la vie (Paris, Robert Laffont, 1977), qui a connu un immense succès. Il a été traduit dans de nombreuses langues et tiré à des millions d’exemplaires.

Que faut-il en penser ? Malgré des titres accrocheurs, Moody se montre prudent et réservé. Il déclare nettement qu’il n’estime pas fournir une preuve de la survie ni une description de ce qui se passe après la mort. Il souligne que les expériences relatées ne durent que quelques brefs instants. Il présente ses livres comme un ensemble de témoignages sur ce que l’on ressent dans les moments qui suivent le décès, et il se garde d’en tirer de grandes conclusions. Cette modération prouve son sérieux et son honnêteté. Les lecteurs n’y ont guère été attentifs. Ainsi, le Dr. Élisabeth Kübler-Ross, connu par ses travaux sur l’accompagnement des mourants et des endeuillés, écrit, dans la préface de La Vie après la vie, que ce livre « confirme qu’il y a une vie après la mort » (on trouve des affirmations semblables dans l’ouvrage qu’elle publiera elle-même en 1984, traduction française en 1988 sous le titre La mort est un nouveau soleil, Monaco, éditions du Rocher). Que Moody soit convaincu que nous continuons à exister après le décès ne fait aucun doute. Il ne prétend néanmoins pas en apporter la démonstration, et il a raison. Deux remarques limitent considérablement la portée des récits qu’il analyse.

La première relève du simple bon sens. Les gens qu’a rencontrés et interrogés Moody ont fait l’expérience d’une agonie avancée, poussée très loin, mais pas vraiment de la mort. Plus exactement, ils ont connu la « mort clinique », marquée par certains signes, et pas la mort biologique qui, habituellement, lui fait suite, et qui est, elle, irréversible. En anglais, on parle de NDE (Near Death Experience), ce qui signifie expérience proche, ou d’approche de la mort. Cette désignation indique bien de quoi il s’agit : non pas des secondes qui suivent la mort, mais de celles qui la précèdent. Et elles appartiennent encore a l’ici-bas, et non pas déjà à l’au-delà.

En second lieu, ces récits sont faits après coup. Ils rapportent des souvenirs. Sont-ils exacts, et peut-on tabler sur leur fidélité ? Sans mettre en doute la bonne foi des patients ni de ceux qui les questionnent, il faut admettre que ces revenus à la vie reconstituent forcément leur expérience, et lui donnent inconsciemment une forme. De manière analogue, on recrée un rêve en le racontant, et, du coup, il devient autre chose que ce que l’on a vraiment rêvé. Les ressemblances entre ces récits ne viennent-elles pas de stéréotypes culturels ?

Quel que soit l’intérêt de ces expériences, il apparaît difficile de se fonder sur elles pour décrire ce qui se passe après la mort.

2) Beaucoup de gens affirment avoir vu, et continuer d’avoir des contacts avec des défunts. Ces contacts vont du sentiment très fort d’une présence qui les entoure et les accompagne jusqu’à de véritables entretiens où l’on reçoit des messages tantôt très brefs, tantôt plus longs, parfois énigmatiques, parfois détaillés, qui, grâce à un médium, proviennent de l’au-delà. En fait, à la lecture de ces histoires, on a le sentiment d’avoir affaire soit à des charlatans qui exploitent la crédulité des gens (de tels livres se vendent très bien), soit à des déséquilibrés victimes de leur imagination, de leurs désirs ou de leurs fantasmes. Ce sentiment est-il fondé et l’est-il dans tous les cas ? N’y a-t-il pas des expériences authentiques de contacts avec des morts que nous récusons à cause de préjugés rationalistes ou positivistes. Deux remarques, ici, s’imposent.

D’abord, ces histoires de communication avec l’au-delà sont strictement invérifiables. On n’arrive jamais à cerner avec rigueur et précision ce qui s’est passé. On ne dispose pas de données qui permettraient de conclure objectivement dans un sens ou l’autre. La plupart de ces livres semblent ignorer qu’ente un événement et sa narration, il existe toujours un décalage, plus ou moins grand selon les cas, que les méthodes de la critique littéraire et historique tentent d’évaluer. Reproduire un témoignage ne suffit pas à établir l’authenticité d’un fait. Cette remarque n’autorise nullement à nier la réalité de telles expériences. En revanche, elle disqualifie les récits que nous en avons, dont on ne peut rien tirer de solide.

Ensuite, ces récits rapportent des expériences, en général prenantes et intenses mais assez pauvres en contenu. Celui qui les fait éprouve très fortement le sentiment d’une présence ; il n’apprend pas grand-chose sur l’au-delà ; les messages et informations transmis concernent plutôt la vie terrestre présente et passée. Les défunts consultés restent discrets sur leu condition. On ne peut pas dire qu’ils soulèvent un coin du voile.

Sans se prononcer sur la possibilité ni sur la réalité de ces expériences de communication avec les morts, on doit constater qu’en tout état de cause, elles ne peuvent guère nous instruire ni nous apporter des éléments de réflexion sur ce qu’il y a après le décès.


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