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Les recherches au PEAR sur les interactions hommes-machines


Ce document a été rédigé à partir d’un article en anglais publié sur le site "wired news". Il présente les recherches effectuées au Princeton Engineering Anomalies Research Program (PEAR), un laboratoire d’ingénierie de l’Université de Princeton qui étudie d’éventuelles interactions hommes-machines.

Depuis près de 26 ans, d’étranges "conversations" se déroulent au sein d’un laboratoire de l’Université de Princeton aux Etats-Unis. Ces "conversations" sont censées se produire entre l’esprit de sujets testés et les appareils sur lesquels ces mêmes sujets doivent avoir une action. Les chercheurs du Princeton Engineering Anomalies Research Program (PEAR) tentent en effet de mettre en évidence et de mesurer un éventuel effet de la conscience humaine sur des machines, et cela depuis 1979.

En utilisant des générateurs de nombres aléatoires (GNA), c’est-à-dire des ordinateurs produisant des suites aléatoires de nombres, ils ont mis en place des expériences afin de voir s’il était possible pour des personnes d’influencer notamment des données informatiques. Sur plus de sept millions d’essais, ils ont détecté de petits mais "statistiquement significatifs" effets qui indiqueraient que l’esprit pourrait interagir avec des machines. Cependant, les chercheurs sont prudents concernant une telle hypothèse et la nature d’une éventuelle interaction de cet ordre.

Ce laboratoire est dirigé par le professeur émérite Robert Jahn de l’université de Princeton, physicien et ancien doyen de l’école d’ingénieurs de l’Université. Jahn commença à s’intéresser aux interactions homme-machine en 1977 quand un de ses étudiants proposa de réaliser un générateur de nombres aléatoires (GNA) pour sa thèse. Jahn était intéressé par le fait d’utiliser le GNA afin de mesurer un éventuel effet de l’esprit sur des machines. C’est ainsi que le laboratoire débuta ses travaux en 1979.

Bien que ce laboratoire se trouve dans les locaux de l’Université de Princeton, il n’est pas financé par cette dernière. Le laboratoire fonctionne grâce à des dons privés comme ceux de James S. McDonnell, le fondateur de McDonnell Aircraft ( devenu plus tard McDonnell Douglas et qui fait aujourd’hui partie de Boeing), Laurance Rockfeller et John Fetzer, ancien président de l’équipe de base-ball de Detroit.

Jahn explique que McDonnell s’intéressait à la vulnérabilité des systèmes électroniques face au stress de personnes situées à proximité de ces systèmes.

"McDonnell disait qu’il ne pouvait pas avoir bonne conscience en mettant un jeune pilote dans le cockpit d’un F-18 sans s’être assuré que l’équipement le plus sophistiqué était parfaitement invulnérable au stress que le pilote pourrait ressentir en situation de combat" se rappelle Jahn. "Il voulait que des recherches soient effectuées afin de juger à quel point il était nécessaire de protéger l’équipement pour le rendre imperméable à une telle influence".

Les services de renseignement, de la défense et de l’espace du gouvernement américain ont également montré un intérêt pour les recherches effectuées dans ce laboratoire, dont les résultats ont toujours été diffusés publiquement par Jahn.

Le premier GNA que les chercheurs ont utilisé fonctionnait à partir de bruit électronique à haute fréquence. Les chercheurs faisaient en sorte que le matériel transforme le bruit électronique sous forme de 0 et de 1. Chaque participant, en suivant un protocole défini à l’avance, devait essayer d’influencer le système de façon à ce qu’il y ait plus de 1, puis plus de 0, et enfin de ne rien faire du tout.

(JPEG)

Les effets obtenus furent faibles, mais mesurables. Depuis, les mêmes résultats ont été reproduits avec d’autres expériences. Par exemple, l’une d’entre elle implique un pendule associé à un mécanisme contrôlé par ordinateur. Quand la machine libère le pendule pour qu’il oscille d’une position à l’autre, les participants focalisent leur attention en vue de faire s’arrêter l’oscillation du pendule plus vite qu’il ne le devrait normalement.

D’autres expériences impliquent une machine actionnant un tambour dont les participants doivent essayent de contrôler la cadence. Il existe également une machine dans laquelle des centaines de balles de polystyrène sont lâchées, tombant ensuite dans différents trous. Les personnes participant à l’expérience doivent essayer de diriger les balles afin de les faire tomber dans certains trous plutôt que dans d’autres.

(JPEG)

Un bit sur 10 000 parmi les données mesurées tout au long de ces différents tests semble avoir été « modifié » par les personnes ayant participé à ces expériences. Cela peut sembler faible, mais Dean Radin, un scientifique de l’Institut des sciences Noetic et ancien chercheur des laboratoire de AT&T’s Bell Labs, explique que de tels résultats ne sont pas étonnants.

"Il est déjà arrivé au cours de l’histoire des sciences que des effets soient faibles à cause du nombre de variables impliquées" explique Radin. "Nous ne connaissons pas tous les facteurs qui sont impliqués lors de ce type d’effets et qui pourraient permettre d’améliorer les résultats obtenus".

Radin compare l’état actuel de la recherche à celle des scientifiques qui commencèrent à étudier l’électricité statique sans savoir que l’humidité pouvait avoir une influence sur la quantité d’électricité statique produite. Les chercheurs ne comprennent actuellement pas en détail ces phénomènes, mais ils savent qu’ils ne sont influencés ni par la distance ni par le temps. Des sujets peuvent par exemple avoir le même effet sur des machines situées dans une pièce à l’autre bout du pays. Ils peuvent également avoir le même effet s’ils avaient la même intention avant que le GNA soit mis en route. Il en est de même s’ils lisent un livre ou écoutent de la musique alors que la machine fonctionne.

Les conditions environnementales, comme la température de la pièce, n’ont pas non plus d’influence, mais l’humeur et l’attitude de celui qui dirige l’expérience en a une. Par exemple, le fait que les participants croient pouvoir avoir une action sur la machine pourrait avoir son importance.

Etre en phase avec la machine est un autre facteur essentiel, explique Jahn. Il compare cela à ce qui arrive quand un grand musicien semble ne faire qu’un avec son instrument.

Le sexe des personnes participant aux expériences a lui aussi son importance. Les hommes ont tendance à avoir des résultats en adéquation avec leurs attentes, bien que l’ l’effet mesuré soit généralement faible. Les femmes ont tendance pour leur part à obtenir des effets plus importants, mais pas nécessairement celui qu’elles attendaient. Par exemple, elles peuvent vouloir diriger les balles sur la gauche dans la machine décrite précédemment et les balles tombent finalement à droite.

Le laboratoire (JPEG)

Les résultats sont meilleurs si un homme et une femme travaillent ensemble, tandis que les paires de même sexe ne produisent pas des résultats significatifs. Les paires formées de personnes de sexes opposés et ayant des sentiments l’un pour l’autre produisent de meilleurs résultats, sept fois plus importants qu’avec les mêmes individus testés seuls. Brenda Dunn, psychologue et directrice du laboratoire, explique que les résultats dans de tels cas reflètent souvent les styles des deux sexes. Les effets sont plus importants, ce qui est en adéquation avec ce que les femmes produisent seules, mais les résultats sont plus en phase avec l’intention initiale, ce qui correspond à ce que les hommes produisent seuls.

"C’est comme s’il y avait deux types de variables complémentaires" explique Dunne. Le "style masculin" est associé à l’intentionnalité. Le "style féminin" semble associé au degré d’influence.

Que signifie tout cela ?

Personne ne le sait. Aussi bien Radin que Jahn expliquent que ce n’est pas parce qu’il y a une corrélation entre la volonté des sujets et l’action des machines que cela signifie pour autant que l’un engendre l’autre.

"Il y a une interférence qui fait que les deux sont liés mais il n’y en a pas de preuve directe" explique Radin.

Radin ajoute que le phénomène pourrait correspondre à ce que Einstein appelait une "spooky action at a distance", dans laquelle deux particules séparées l’une de l’autre semblent connectées sans qu’il y ait une communication visible entre elles.

L’effet pourrait aussi être causé par quelque chose de similaire à ce qui s’est produit dans les expériences effectuées en 1963 par le neurophysiologiste W. Grey Walter. Dans ces expériences, les chercheurs plaçaient des électrodes dans le cortex moteur de participants tandis qu’ils regardaient des images diffusées par un projecteur montrant des images. Les participants passaient d’une image à l’autre en pressant sur un bouton. Ce qu’ils ne savaient pas, c’est que le bouton en question était un leurre. Les images étaient en fait avancées selon une « réponse » provenant du cerveau des sujets qui était mesurée par les électrodes.

"Quel que soit ce que nous observons, cela provient de modalités d’interaction anomales" explique Jahn. Nous ne connaissons pas le support de cette information. La seule chose que nous savons à son propos, ce sont les conditions qui la favorisent".

Bien que les effets produits lors des expériences aient été faibles, ils ont été répétés sur de longues périodes de temps, bien que cela ne l’ait pas toujours été de manière prévisible. Un sujet peut obtenir un effet un jour et répéter l’expérience sans avoir de résultats le lendemain.

Le laboratoire a cependant beaucoup de détracteurs qui critiquent les méthodologies du PEAR et ne voient ces résultats que comme un amusement, en les comparant à ceux d’un conducteur de moto qui souhaiterait que le feu passe du rouge au vert tout en pensant que lorsque ceci arrive, il en soit la cause.

Stabley Jeffers, un professeur de physique à la York University de Toronto, a effectué des expériences similaires à celles du PEAR, sans arriver à reproduire les résultats. Des chercheurs de deux laboratoires en Allemagne, travaillant en coopération avec le PEAR, ont également été dans l’incapacité de reproduire les résultats en utilisant le même équipement que celui du PEAR.

"Pour que ces affirmations soient prises au sérieux par le monde scientifique, il faut que les résultats soient reproduits" explique Jeffers." S’ils ne peuvent pas être reproduits, cela ne signifie pas qu’ils sont biaisés, mais la science s’en détournera vite, n’y voyant pas d’intérêt".

Dunne, la psychologue qui dirige le laboratoire, explique que le PEAR a répété les expériences de Jeffers et a obtenu des résultats significatifs. Une douzaine de meta-analyses effectuées depuis 1980 ont permis de consolider les découvertes du PEAR lors d’expériences effectuées par d’autres chercheurs. Les meta-analyses prennent en compte un large éventail de données parmi un grand nombre d’expériences et les combinent entre elles en vue de voir si l’effet est significatif et reproductible selon l’ensemble des données.

"Nous recherchons une déviation statistique qui n’aurait pas de probabilité de se produire étant donné les résultats obtenus lors des différentes expériences" explique Jahn. "Quand vous faites un nombre suffisamment élevé d’expériences, l’effet devient statistiquement très significatif. Il n’y a alors pas de doute sur la validité de l’effet."

Radin, qui n’appartient pas au PEAR, écarte les critiques qui disent que le PEAR ne réalise pas des expériences scientifiques de qualité.

"Ce champ de recherche a été l’objet de plus de critiques et d’examens minutieux que n’importe quel autre champ de recherche" explique Radin. "Les gens qui effectuent ce genre de recherches sont conscients du fait que leur travail doit être réalisé dans les meilleures conditions possibles. Le laboratoire du PEAR a pris en compte les méthodologies scientifiques les plus rigoureuses, les a appliquées à des questions extrêmement difficiles et apporte aujourd’hui quelques réponses intéressantes."

Jahn pense que les critiques se trompent en pensant que le phénomène étudié suit les lois habituelles de cause et d’effet. Au lieu de cela, il pense que ces phénomènes appartiennent à la catégorie de ce que Carl Jung appelait les "phénomènes acausales", impliquant notamment la synchronicité.

"Ces phénomènes sont régis par des lois et des paramètres plus complexes, qui peuvent certes paraître capricieux et insaisissables" explique Jahn, "mais ces paramètres et ces lois sont bien là".

Jeffers, pour sa part, reste sceptique

"Ils ne peuvent pas dire à la fois qu’ils sont des scientifiques honorables ayant découvert un effet spécifique dans un cadre contrôlé, et dire ensuite, quand il n’y a pas de résultats, que les méthodes scientifiques habituelles ne s’appliquent pas dans ce cas" explique Jeffers.

Mais Jahn pense que ce n’est pas parce que les scientifiques ne peuvent pas expliquer les phénomènes actuellement, que cela signifie qu’ils n’existent pas. "Si ces effets sont réels", ajoute Jahn, "je pense que notre société a le droit de demander à ce que la science les étudie et tente de comprendre ces interactions de façon constructive. »

Pour en savoir plus :

Le site du PEAR

Un exemple des publications du PEAR

Les recherches de Schmidt, utilisant également des GNA

Un article du Skeptic’s dictionary sur le PEAR


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