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Pour en finir avec Mme Irma

Par Maud KRISTEN


Un français sur quatre consulte un médium au moins une fois dans sa vie. Quelque soit l’opinion que l’on puisse en avoir, il serait collectivement nécessaire, compte-tenu de l’ampleur du phénomène, que des penseurs et des chercheurs pluridisciplinaires, des sociologues, des philosophes, des ethnologues, des historiens, des physiciens etc. s’y intéressent de plus près.

Cette capacité contestée de la raison humaine restera dans la marginalité, tant que la culture collective n’arrivera pas à trouver un biais pour l’utiliser naturellement dans la société d’aujourd’hui...(lire, au sujet de la résistance à la métapsychique, l’article de Bertrand Méheust)

Parce que la voyance n’est pas seulement un spectacle, surtout pas un jeu et encore moins un commerce pouvant s’organiser à l’échelle industrielle mais existe comme un art bien réel qui pose à la fois des questions éthiques et scientifiques, qu’elle remet en cause notre vision de l’espace et du temps (donc nos croyances), je crois qu’elle mérite une approche nouvelle en tant que capacité de l’esprit et d’aide à la décision.

A PROPOS DES COMPETENCES On ne peut pas, lorsque l’on exerce le métier de voyant, être toujours en forme. Alors pour être sûr de faire une consultation valable, une règle s’impose : être capable, sans que le consultant ait ouvert la bouche de lui parler distinctement de son présent et de son passé, en cernant ses difficultés, ses attentes, en permettant à sa vie de se redessiner. Nous devons le situer au travers d’une trame qu’il nous faut reconstituer avec assez de véracité pour être sûr de bien " capter " la personne qui est en face de nous, dans le cas d’un voyant, ou de bien savoir interpréter son thème astrologique si l’on officie comme astrologue. Si au bout d’un quart d’heure d’entretien, vous ou le praticien estimez que non, vraiment, ça n’est pas ça, la relation ne se prolonge pas plus longtemps et vous n’êtes tenu de verser AUCUN HONORAIRE. Ce point-là est la pierre angulaire de ma déontologie. En appliquant cette pratique, aucun charlatan ne saurait survivre. Une consultation en face à face de préférence pour des raisons éthiques, je suis opposée aux consultations indirectes par minitel, téléphone ou internet. Bien qu’il soit possible de raconter en détail, à partir d’un fragment de photo non dentifié, la vie d’un homme décédé dix ans plus tôt, à dix mille kilomètres, je m’acharne à exiger un contact physique, un rendez-vous bien matériel avec mes consultants. Une consultation de voyance n’est pas une pizza prête à livrer, et le médium ne doit en aucun cas être confondu avec une machine à sous, dans laquelle il suffit de glisser des pièces pour avoir des réponses car nous ne sommes pas des tirelires. En outre, le fait de consulter un voyant (surtout s’il est performant) est une décision grave à laquelle il faut tout de même réfléchir à deux fois. C’est beaucoup plus long que de composer un numéro de téléphone. Or, avant même toute considération sur l’identié réelle du médium et sur ses capacités, en dehors de toute idée d’ " arnaque ", la relation de type fast-food est dangereuse pour le voyant comme pour le consultant. Le premier y perd son crédit, le second y prend des risques inconsidérés. J’ai choisi ce métier aussi parce que j’aime la présence humaine, la rencontre, l’échange. Or, il y a une dynamique réelle dans une consultation de face à face qu’on ne retrouve pas avec autant de force au téléphone et puis j’aime aussi me servir du corps de l’autre, principalement de ses rétines ou de ses doigts comme... d’un support ! Lorsque je me promène dans les cratères argentés des yeux humains, les images intérieures bondissent, se précisent, s’affinent. Au détour de l’observation discrète d’une bague à un doigt ou d’un grain de beauté au coin des lèvres, des réponses montent, d’autres histoires s’organisent. Le corps présent me parle de demain, comme si chaque cellule avait une antenne téléscopique braquée sur le futur général de son propriétaire et me jouait déjà le film...Mais cette habitude de travail m’est propre et je reconnais qu’il doit être tout à fait possible de faire la même chose avec une voix. Comment accepter d’être ainsi traité au rendement, quand on sait la fragilité de ces perceptions parapsychiques ? Comment accepter que la relation voyant-consultant, qui doit être empreinte de tendresse et de force, soit dégradée par de soit-disant voyants qui répondent sur plusieurs minitel à la fois ou sur plusieurs lignes de téléphone ou plusieurs ordinateurs, à des consultants qui ne sont pas toujours vraiment demandeurs de voyance, mais en proie à des crises d’angoisses. Des voyants à qui il manque souvent une formation solide - mais aussi un réel don de voyance ! Ces gens-là ne font que dangereusement exacerber les angoisses de ces consultants. En outre, comment peut-on se faire payer à la minute comme un horodateur aveugle, quand il faut parfois rester une heure parfois 40 minutes ou une heure et demie avec une personne ? Quand à l’objection du prix élevé des consultations en face à face, elle n’est pas sérieuse. Une heure au téléphone coûte en moyenne... 700 à 900 francs soit beaucoup plus cher que le prix moyen d’une consultation réelle. Vous dépenserez plus d’argent pour ne même pas savoir quel est le visage de celui qui rentre ainsi dans votre vie avant que vous ne puissiez appuyer sur " déconnecter " à la demande. Quelle tristesse pour risquer d’avoir affaire à un étudiant, à un charlatan ou à une mère de famille désargentée ! Pourquoi prendre un tel risque ? C’est si beau une rencontre médiumnique. Le couple consultant-voyant Quel couple étrange que le consultant et le voyant ? Parfois j’en souris intérieurement. Si je devais représenter ce duo fragile et absolu, je peindrais la scène suivante : un paquebot en plein océan (Neptune) et sur le pont désert, au lever du jour, autour d’une table couverte d’une simple nappe blanche où brûlerait une bougie, ces deux êtres qui se regardent et échangent l’essentiel en voyant retomber les cartes que l’on vient de tirer, ou en écoutant les runes formés de dessins sur la blancheur de la nappe dans un respect furieux et joyeux, car il y a quelque chose de comique dans notre travail. Comique et sérieux comme le regard de l’ange sur l’homme. Parfois j’arrive en retard, essouflé. Je fais entrer mon consultant, que je n’ai jamais vu. Alors qu’il s’asseoit, les mains encore pleines de mes clés et de mes paquets, le lui lance sans le regarder, l’air distrait : " Et alors cette boutique... que de soucis autour de cette boutique... comment faire pour vous sortir de là ! Bon, on va voir ça, je vais me laver les mains et je reviens... " Le regard de l’autre est inoubliable dans ces intants-là. L’inquiétude est évanouie, la confiance est là, c’est ma façon à moi de faire tomber la tension, de me faire pardonner ma non-ponctualité en créant l’univers-île de ce tandem voyant-consultant.

A PROPOS DE L’ETHIQUE

J’engage tous les vrais médiums qui sont exploités par certains types d’entreprises véreuses ou par les organisateurs de salons de voyance qui leur louent à prix d’or des stands, qu’il sont obligés de rentabiliser en se livrant à un véritable abattage, à se révolter, à se grouper et à trouver un moyen de torpiller ceux qui, sans vergogne, les exploitent et discréditent ainsi l’un des plus beaux métiers du monde en en faisant une chantage à l’angoisse, un petit commerce au ras des poils de la moquette. Pourquoi ne pas se faire connaître et rencontrer le public en proposant à des municipalités des conférences sur les tarots ou l’astrologie ? En matière de voyance, comme en matière de médecine ou de sécurité, il ne saurait y avoir de " basse qualité" " sans dégâts majeurs. La divination est un art essentiel qui ne peut souffrir de banalisation. Nécessairement intime et passionné, parfois il m’arrive de me mettre en colère parce que je sens le danger, le mensonge, la trahison. Je n’ai pas envie de plaire à tout prix. J’ai trop de respect pour la divination pour en trahir le sens et parfois, je décide de ne pas travailler volontairement. Une jeune femme brune est assise en face de moi, je lui parle de l’étranger, d’un homme qu’elle aime et qui fait du négoce. Je la vois vivre dans un pays chaud. Elle acquiesce. Sans savoir pourquoi, j’ai un petit pincement au cœur. Elle me donne alors d’elle-même des précisions. Son ami, avec lequel elle vit en Amérique latine vend... des avions. Alors je lance, incrédule : " Et pourquoi je vois des têtes de mort sur les avions ? " J’ai les yeux ronds, elle me répond sans la moindre gêne : " Parce que ce sont des bombardiers, mon ami vend aussi des armes. " Et bien non, pas de voyance pour ces personnes inhumaines. Je l’ai mise à la porte. Je ne veux pas un franc de cette femme. Marchands d’arme, le crime et l’impunité conjugués avec le profit comme moteur, c’est intolérable. Des victimes qui ne sont plus d’autres truands mais des enfants des femmes, de tendres petits vieux qui explosent un jour sous du plomb brûlant. Non. Toutes ces vies brisées, toutes ces femmes devenues folles au milieu de ces ruines devant le cadavre de leurs gosses, hurlant de désespoir, tous ces hommes amputés par la guerre, les images montent en moi. Inacceptable overdose, déchirant mes vaisseaux sous la pression de tonnes de lave, sanglante et boueuse. J’ai du cadavre dans les narine et, planté dans les yeux le regard de pintade prétentieuse qui s’insurge que je rechigne à faire mon travail. ? Mais file vite quand même parce que je ne rigole plus. J’ai une capacité à la colère froide dont un psychanalyste qui se plaisait à démolir mon métier a fait les frais un jour sur une radio. Sa seule réponse : " Madame, vous êtes méchante ". Oui, et parfois, j’en suis fière. C’est la seule fois en 13 ans que j’ai refusé de plonger dans l’autre, parce que cette plongée m’aurait couverte d’une trace indélébile. Une consultation est donc une vraie rencontre avec des implications émotionnelles, maîtrisées et relativisées, parfois grâce à des années d’analyse ou de thérapie.

Pour des raisons d’éthique et de sérieux, Maud Kristen ne donne aucune consultation par téléphone, par minitel, par e-mail ou par correspondance. Pour ces mêmes raisons, vous ne trouverez bien sûr aucune publicité de voyants sur son site web. Des informations concernant les activités de Maud Kristen, ses livres et sa presse sont disponibles sur son site. ( http://www.maudkristen.com )


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