Somnambulisme et médiumnité : le défi du magnétisme
Par Bertrand Meheust
Ed. Les Empêcheurs de tourner en rond, 2 tomes, 1998
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4 ème de couverture :
Tome 1 :
Avril 1784 : Armand Marie Jacques de Chastenet, marquis de Puységur, colonel d’artillerie et grand seigneur terrien, occupe son loisir à soulager ses gens en les magnétisant selon les principes de la doctrine mesmérienne. C’est alors que, tout à fait inopinément, il plonge un jeune paysan dans un état de conscience inconnu. La personnalité du patient se modifie : un autre moi surgit, qui semble surplomber sa conscience vigile ; mais il y a plus : le jeune homme prévoit à l’avance de déroulement de sa maladie, en fixe les étapes et semble capable de lire les pensées de son maître. Stupéfait, le marquis constate, en multipliant les expérience sur d’autres patients, que l’on peut assez régulièrement reproduire l’étrange état. Par analogie avec le somnambulisme naturel, connu depuis l’antiquité, il baptise cet état le somnambulisme magnétique, ou artificiel.L’année suivante, il publie ses observations, dans un mémoire qui fait l’effet d’une bombe. Les somnambules magnétiques se répandent dans tout le royaume et une vaste polémique se lève, qui va traverser tout le XIXème siècle et toucher la haute culture.
L’enquête de Bertrand Meheust se propose de faire la chronique et l’analyse de ce choc dans la culture, en prenant pour fil conducteur le conflit impitoyable qui a opposé, de Puységur à Charcot, le monde savant aux partisans du magnétisme animal. Dans ce premier tome, l’auteur commence par décrire les faits revendiqués par les magnétiseurs, et parrestituer leurs conceptions oubliées : puis il observe la montée en puissance du magnétisme dans la première moitié du XIXe siècle, et repère les dispositifs mis en place par l’institution scientifique pour parer à cette menace. A ces fins, il suit dans le détail le déroulement des batailles académiques, entre 1826 et 1842, jusqu’à l’éviction officielle du magnétisme par l’Académie de médecine. Enfin, en étudiant la phase de réappropriation ouverte par Charcot en 1878, il montre comment la menace magnétique a été récupérée, filtrée, recalibrée.
Tome 2 :
Alors que Charcot et ses disciples s’emploient à digérer le magnétisme animal et à réduire le somnambulisme aux vues de la science positive, les sciences psychiques se développent en Angleterre, au coeur de l’intelligentsia, dans le milieu universitaire de Cambridge et, quelques années plus tard, aux Etats-Unis, à l’université de Harvard, avec l’entrée en lice du philosophe William James. Les "psychistes" britanniques et américains se situent dans la voie ouverte par Puységur : tout en se réclamant de la science, ils prétendent objectiver des phénomènes susceptibles de modifier l’idée que l’homme en occident se fait de lui-même ; portés par la vague spirite, ils entreprennent d’étudier les phénomènes médiumniques en mettant en général de côté les croyances spirites.
Refusant les vues rétrospectives classiques, Bertrand Méheust reconstitue ce conflit en prenant au sérieux le discours et les travaux des métapsychistes. Il montre la fécondité heuristique de leurs recherches et analyse la signification culturelle de l’oubli "opportun" dans lequel elles sont tombées. Traversant une vaste documentation, il s’attache à montrer par quelles solutions de compromis la culture dominante a géré la menace "psychique". Enfin, il s’emploie à relever, dans l’oeuvre d’artistes, d’écrivains, de philosophes, de sociologues, de psychiatres, et jusque dans les textes de Freud, les empreintes que les recherches psychiques ont laissées dans la culture de la première moitié du vingtième siècle.
L’auteur :
Bertrand Méheust est professeur de philosophie et docteur en sociologie. Il est membre associé du groupe « psychanalyse et pratiques sociales de la santé » (Université Paris VII).
Il s’intéresse depuis plus d’une vingtaine d’années aux zones frontières de la science. Ainsi a-t-il été le premier à développer une approche ethnologique des récits d’enlèvements à bord de soucoupes volantes, devenu aux Etats Unis un phénomène de grande ampleur.
Après avoir consacré son doctorat de sociologie à l’histoire du mesmérisme, il s’est tourné vers les questions que posent à la philosophie les phénomènes dits paranormaux.
Il a publié dans la collection « Les empêcheurs de penser en rond », Somnambulisme et médiumnité (deux tomes) en 1999 et, plus récemment en 2003, Un voyant prodigieux : Alexis Didier.
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