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Témoignage sur des voyants

Par Michael Lecomte


Ma mère était voyante. De son activité je garde un souvenir un peu trouble et forcément émouvant puisqu’il s’agit de ma mère et qu’elle a quitté ce monde depuis bien des années. Comme chez tous les voyants qui ont un certain succès, beaucoup de monde venait à la maison.

Parmi les figures marquantes : une princesse Arabe, une ou deux comtesses originales et quelques figures atypiques du genre "médium". Mais la plus grande part de la clientèle était constituée de personnes influençables et naïves, les plus touchantes étant des paysannes apportant dans leurs paniers des cadeaux en nature. Je n’ai jamais demandé une consultation à ma mère, mais j’ai rendu visite à trois voyants bien après sa mort. L’un des trois est un homme peu connu (il est maintenant très malade à New York et n’exerce plus ; il faut peut-être même parler de lui au passé...). Les deux autres sont les deux plus célèbres voyantes de France puisqu’il s’agit de Yaguel Didier et de Maud Kristen, qui sont en activité toutes deux à Paris. Je ne retire de ces rencontres rien de transcendant à propos de mon avenir, sinon une prédiction très risquée mais juste : ces trois voyants m’ont en effet assuré contre toute logique qu’un de mes manuscrits les moins appréciés par les éditeurs (ils l’avaient tous refusé) paraîtrait quand-même. Mais ils m’ont surtout surpris par la connaissance qu’ils avaient de mon présent. Concernant mon entourage immédiat et sans que je leur donne aucune indication, ils ont "vu" tous les trois que : 1 - Je vivais avec une femme artiste, 2 - Elle était peintre, 3 - Elle avait beaucoup de succès. Pourtant rien ne laissait à penser que je partageais la vie d’une femme-peintre. Surtout : très peu de femmes-peintres ont assez de succès pour vivre de leur art. Le voyant m’a étonné aussi en me disant éprouver des difficultés pour définir mon activité. Il me voyait écrire, mais sa "vision" était perturbée par des "images en couleurs". J’écrivais alors justement un livre sur Picasso...

Je ne voyais alors que deux explications possibles à ces révélations précises : ou bien ces voyants avaient un "don" (perception de la pensée, etc.), ou bien ils faisaient faire une enquête sur leurs clients avant de les recevoir. La chose me paraissait possible car les consultations sont souvent très chères (leur prix élevé permettrait d’assumer des frais d’enquêtes), sans compter que chez les voyants connus, il s’écoule beaucoup de temps entre le moment de la prise du rendez-vous et l’entretien. Ils peuvent aussi tout simplement utiliser des banques de données. Avec ce genre de système, il suffit d’un prénom et d’un numéro de téléphone -justement ce que demande leur secrétariat lors du premier contact- pour obtenir des renseignements sur une personne précise. Il y a cependant un détail piquant à signaler concernant Maud Kristen. Vers la fin de ma deuxième visite je lui demandais de me dire quelques mots sur une "personnalité" de mon entourage. Ajoutant qu’elle allait être un peu surprise, je m’apprêtais à saisir dans le porte-documents qui était à mes pieds une revue d’art illustrée de nombreuses photographies. Elle arrêta mon geste par cette phrase : "Ce n’est pas la peine de me montrer la photo, je vois très bien cette "personnalité" que vous aimez beaucoup : c’est votre chat !". Ne me laissant pas le temps d’exprimer ma surprise elle précisa : c’est un mâle tigré et castré. Le type de l’animal, son sexe, sa race, son état, avaient été vus sans erreur. Ce n’était pas si évident : huit sortes d’animaux différents (chiens, souris, gerbilles, cochons d’Inde, merles, etc.) ont partagé ma vie dans ces années-là. La revue, aujourd’hui disparue, s’appelait "Artshop". La photo représentant mon chat faisait partie d’un ensemble de 248 reproductions photographiques. Maud Kristen a par ailleurs participé en France à plusieurs émissions de télévision dont une de la série "Mystères" que j’ai enregistrée. De toute évidence aucun truquage ne peut être suspecté ; ne serait-ce que parce que Maud Kristen est une femme intelligente. Elle se méfierait beaucoup d’un tournage arrangé, de peur qu’on lui tende un piège. On lui a mis en main un petit morceau de béton sans lui préciser qu’il s’agissait d’une parcelle du mur de Berlin. Quelques secondes après l’avoir tenu elle a parlé de tension, d’oppression, de souffrance ("des gens ont pleuré"), d’un pays froid et triste, d’un endroit désertique et long. Lorsque l’animateur lui a demandé de préciser de quel pays il s’agissait elle a répondu : la Pologne. Cette voyante a fait plus difficile encore puisqu’elle a pronostiqué avec des résultats statistiquement extraordinaires les chiffres tirés par un générateur aléatoire pendant l’enregistrement. Cette séquence n’est pas passée à l’antenne parce qu’on a estimé qu’elle n’était pas assez spectaculaire. La personne qui m’a fait cette confidence m’a aussi raconté comment elle avait tendu un piège à Maud Kristen et que celle-ci l’avait aisément déjoué. Ce piège subtil consistait à présenter à la voyante -sans lui donner aucune information- un stylo ayant appartenu au père du témoin. Pour compliquer le jeu, le stylo fut échangé par un autre en tout point identique peu avant l’émission. Le "faux" stylo fut présenté à Maud Kristen sans lui dire un mot. A la vue de l’objet, celle-ci dit simplement : "Ce n’est pas le stylo de votre père."

Précognition : Chaque mois à Paris, se tient une soirée organisée par des personnes qui s’intéressent à l’ufologie non loin du Centre Georges Pompidou. Nous sommes en mars 1999. A la fin d’une de ces soirées, une amie anglaise me présente, sur le trottoir de la rue du Renard, un homme dont elle vient de faire la connaissance et qu’elle désigne sous le sobriquet de "Ferdinand-le-voyant". Cet homme, qui doit avoir une quarantaine d’années, a gardé un visage d’adolescent. Donna lui demande à brûle-pourpoint ce qu’il pense de moi, ajoutant en riant : "Attention, Michael est un malin !" Ferdinand me regarde un instant dans les yeux : "Malin, cet homme-là ? Mais non, c’est un enfant !" Je suis assez surpris par cette réaction car elle est juste : on m’a souvent reproché d’avoir raté mon entrée dans l’âge adulte. En riant je dis alors à Ferdinand qu’il est trop aimable avec moi, précisant que la femme à laquelle je vais téléphoner dans l’heure suivante me trouve malheureusement moins enfant qu’infantile. Il se passe alors une chose étonnante. Ferdinand répond sans attendre : "La personne dont vous parlez devrait faire masser sa jambe, le sang circule mal". L’intéressée s’appelle Eliane Larus. Elle vient tout juste de subir la pose d’une prothèse à la hanche. Le dénommé Ferdinand, qui me regarde toujours dans les yeux avec bienveillance, ajoute sans attendre : "Vous, c’est la gorge qui ne va pas bien. Elle est irritée mais c’est sans gravité". Je m’engouffre dans le métro assez pensif. A la station Châtelet, bondée malgré l’heure tardive, je m’aperçois tout à coup que je n’arrête pas de me racler la gorge. Aussitôt me vient à l’esprit cette certitude assez décevante : je suis en train de m’auto-suggestionner ; je m’invente un mal de gorge qui n’existait pas avant ma rencontre avec Ferdinand-le-voyant ! Il est minuit moins le quart lorsque je descends à la station Place d’Italie. Cinq minutes plus tard, je suis chez moi. Un coup d’œil depuis le balcon de la cuisine m’assure qu’Eliane Larus ne dort pas : il y a encore de la lumière dans sa chambre (la clinique Sainte Marie se trouve presqu’en face dans la même rue). Le temps de composer son numéro de téléphone et je commence à lui raconter ma toute récente rencontre. Au bout de quelques minutes Eliane me dit : " De l’autosuggestion ? Je ne crois pas ! Tu te racles la gorge depuis trois ou quatre jours ! " Elle a en fait raison : d’un naturel distrait, j’ai oublié ce mal de gorge qui s’est atténué aujourd’hui. Ferdinand-le-voyant avait donc raison. Je demande alors à mon interlocutrice : "Et toi, comment te sens-tu ?" - Moi ? ça va !.. Mais je viens d’avoir un problème de circulation à la jambe gauche !.. Quelques minutes plus tard je raccroche, très troublé, car une chose me semble certaine : Ferdinand n’a pas pu lire dans mes pensées une information que j’ignorais. La clairvoyance et la précognition m’apparaissent à partir de ce moment-là comme d’authentiques énigmes.


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