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Ultimes présents : Une interview sur La conscience accrue à l’approche de la mort

avec Maggie Callanan


Quel est votre parcours professionnel ?

Je suis une infirmière diplômée. Je suis infirmière depuis 33 ans. J’ai d’abord exercé dans des milieux de haute technologie, salles d’urgences, et soins intensifs, ce genre de milieux ; puis j’ai découvert l’hospice. Donc dans la première moitié de ma carrière, je rattrapais les gens qui étaient à deux doigts de la mort, et dans la seconde moitié, je les encourage à y aller.

Comment vous est venue l’idée d’écrire Ultimes Présents ?

Cela a été un accident, réellement. Nous n’avions pas l’intention de le faire, c’est juste arrivé, comme çà. Patricia Kelly, une collègue, et moi-même avons réalisé que nos patients qui étaient perdus faisaient les mêmes remarques. Nous avons commencé à faire des recherches dans cette direction, nous avons parlé avec d’autres infirmières et nous avons découvert qu’elles observaient le même phénomène. Nous avons rassemblé toutes les histoires et constaté des schémas spécifiques. Nous avons alors réalisé que nos patients essayaient tout simplement de nous transmettre des messages importants.

Vous avez créé l’expression "conscience accrue à l’approche de la mort" ?

Nous l’avons appelé "conscience accrue à l’approche de la mort" (NDA) parce que les expériences dont nous parlaient nos patients avaient un parallèle évident avec les expériences de mort imminente (NDE). Malgré tout, c’était très différent. Ces expériences semblent apparaître alors que les personnes mourant lentement de maladie approchent ou frôlent la mort. Ce n’est pas tellement une expérience qui est limitée par un début et par une fin, comme une NDE. Il s’agit d’une conscience élargie sur des choses que nous ne pouvons pas voir. Bien sûr, la profonde différence est que nos patients ne sont pas cliniquement morts, comme la plupart des gens qui vivent une NDE - pas tous mais la plupart ; ils sont capables de parler en même temps que ces expériences se produisent. Vous savez, nous n’y avons pas fait attention parce que nous ne comprenions pas ce qu’ils disaient. Cela semblait confus. En fait, il s’agit d’un langage symbolique. J’ignore encore à ce jour pourquoi les mourants parlent d’une façon symbolique.

Et vous avez établi une relation entre NDA et NDE ?

Nous avons senti qu’il y avait un parallèle. Plus nous explorions cette voie, plus nous pouvions constater que nos patients nous parlaient d’expériences très similaires. Elles n’étaient pas tout à fait identiques mais très similaires. Nous avons voulu lui donner un nom similaire mais différent.

Connaissiez-vous le travail d’Elisabeth Kübbler-Ross, Moody, Ring et tous les autres ?

Oh, oui. Nous étions au courant de leur travail. Vraiment beaucoup.

Connaissiez-vous les travaux de William Barett et D’Osis & Haraldsson quand vous avez commencé à écrire votre livre ?

Nous ne savions rien au sujet du livre de Karlis Osis et Erlendur Haraldsson A l’heure de la Mort. Je suis contente que nous ne l’ayons pas lu avant par ce qu’ils auraient pu dire " C’est ce que nous avons écrit ". Nous n’avons pas été influencées, mais, je pense, nous aurions pu l’être si nous l’avions lu auparavant. Nous étions très nerveuses lorsque nous avons écrit notre livre. Nous pensions que nous aurions beaucoup de critiques de la part des autres docteurs et infirmières. Nous étions conscientes qu’ils avaient des formations scientifiques et qu’il ne s’agissait pas là d’une science " scientifique ". Nous avions peur d’être discréditées ou d’être considérées bizarre ou étranges. En fait, la première chose que nous avons publiée était un article dans le journal des infirmières qui avait la plus large diffusion, journal appelé The Nursing Series (LA REVUES DES INFIRMIÈRES). Très nerveuses, nous leur avons proposé un article et ils l’ont accepté. Il a fait la une du magazine. Nous avons reçu beaucoup, beaucoup de lettres d’infirmières nous disant " Oh ! , Nous avons remarqué les mêmes choses, nous avons fait les mêmes choses, seulement nous ne savions pas comment appeler cela, " etc... . Nous avons découvert que les infirmières n’en parlaient pas parce que cela semblait étrange et qu’elles avaient peur que les gens les trouvent à leur tour étranges. Il s’agit là d’un sujet très conversé et SI vous avez DE LA difficulté à développer des soins palliatifs, vous ne voulez pas commencer quelque chose de controversé. Sinon, vous serez considéré comme quelqu’un de dingue !

D’une certaine manière, c’est ce qui est arrivé à Elisabeth Kübler-Ross lorsqu’elle a commencé à sonder les territoires inconnus de la mort et des mourants. C’était très triste parce qu’en fait beaucoup de très bons travaux ont été discrédités. Ils ont jeté le bébé avec l’eau du bain, d’une certaine façon de parler. Elle a réalisé de très importants travaux mais lorsqu’elle a commencé à explorer ces zones inconnues, les gens ont alors discrédité tout le travail qu’elle a fait. Je pense que les gens sont en quelque sorte inconfortables à ce sujet mais ils ne peuvent nier le fait qu’autant d’infirmières en hospices aient vécu ces expériences. Ils n’en parlent pas parce qu’ils ne savent pas dans quelle catégorie les ranger. De manière très simple, le personnel d’hospice n’a pas à se soucier de s’ouvrir à ces choses parce que les patients les y amèneront de toute façon. Vous avez tout simplement à apprendre comment écouter et ils vous apporteront tout. Tant que vous comprenez que tout ce que dit le patient peut ne pas avoir de sens dans l’immédiat. Nous devons écouter avec des oreilles différentes parce qu’il y a des messages cachés.

Dans votre livre, vous avez identifié six catégories de NDA, pourriez vous brièvement NOUS les décrire ?

Les messages peuvent être classés dans deux catégories principales : dans la première, le patient nous raconte à quoi ressemble l’expérience de la mort. Je ne parle pas ici de la transformation physique. Dans la seconde catégorie, le patient exprime ses demandes sur des choses dont il a besoin pour qu’il puisse aller en paix vers la mort.

1- Préparation pour le voyage ou le changement : Cela correspond en réalité à la " description d’un lieu ".

2- Description d’un lieu : Quand les patients décrivent un lieu que nous ne pouvons pas voir, typiquement, ils le font avec un si grand sens du respect et du merveilleux. Apparemment, il s’agit d’un endroit assez joli. Il est intéressant de noter que cette expérience a un parallèle très clair avec la vie de la personne ; par exemple, un ingénieur de l’environnement parle au sujet d’une jolie scène, d’un décor extérieur ; un peintre va parler d’une ville de lumière à travers la rivière ; un joueur de golf va parler au sujet d’un tournoi fantastique, d’un joli terrain de golf. Parfois, ils parleront de musiques merveilleuses ou de jolies couleurs. Typiquement, les descriptions sont brèves, avec peu de détails.

3- Parler ou être en présence de quelqu’un qui est décédé : Il s’agit typiquement d’un proche décédé précédemment ou un être spirituel. Par exemple, prenez l’histoire en début de ce livre : Laura, une femme qui est en train de mourir, me dit que c’est l’heure, pour elle, d’aller se mettre en ligne. Sa fille, Susan - qui était décédée un an plus tôt d’un cancer du sein - est dans la ligne. Elle était joyeuse à l’idée de cette réunion mais troublée par le fait d’abandonner son mari qui comptait sur elle. Cela était très important pour nous de savoir qu’elle était en paix et qu’elle avait hâte d’aller vers la mort mais elle avait besoin de s’assurer que tout aille bien pour son mari. C’était aussi très important et très réconfortant pour son mari de savoir qu’elle était avec sa fille, qu’elle n’était pas seule et apeurée. Le langage des patients en présence d’être spirituels qui sont présents et qui prennent soin d’eux, dépend de leur orientation religieuse. En d’autres termes, un chrétien pourra parler de Jésus ou du Christ et utilise des termes chrétiens, et ainsi de suite. L’histoire est la même, c’est juste la terminologie qui change. Cela arrive aux athées qui vivent également la même expérience.

4- Connaissance de l’instant précis de la mort : Par exemple, une infirmière peut dire au patient "Je pars en vacances, je serai de retour dans deux semaines", et le patient répondra "Je ne serai plus là". Beaucoup de personnes mourantes semblent savoir quand leur mort arrivera même si on ne le leur a rien dit. Ils le savent souvent mieux que les médecins et les infirmières.

Il y a plusieurs années, il était courant de ne pas dire au patient qu’il allait mourir...

Ceci est encore très vrai au Japon et dans les pays étrangers où cela fait partie de leur croyance. En disant à une personne qu’elle va mourir, ils craignent que cela vole son esprit dont elle a besoin pour se battre contre la maladie. Souvent, ils mentent aux personnes mourantes en leur disant qu’elles vont de mieux en mieux. Alors, sachant que les patients savent quand la mort arrivera, il est important que nous les écoutions. Un autre exemple tiré du livre : un patient dit " Dites à ma femme d’apporter maintenant le gâteau avec les bougies-étincelles dessus ". J’ai demandé à sa femme ce que cela signifiait et elle a commencé à pleurer. Leur anniversaire de mariage était le quatre juillet et ce monsieur avait toujours des bougies-étincelles au lieu de bougies sur son gâteau d’anniversaire. C’était en avril ou quelque chose comme çà. Il a été enterré le quatre juillet. Il savait bien à l’avance qu’ils devaient célébrer leur anniversaire plus tôt. Ce qui est intrigant, c’est qu’il n’y a aucune peur. Ce n’est pas de l’hystérie " Oh ! Mon Dieu, je ne serai plus là ! " ; c’est juste un état de faits, peut être même un sentiment de curiosité ou de perplexité mais les patients ne sont pas effrayés.

5- Choix de l’instant de la mort : Ceci est un autre aspect des capacités des mourants. Nous savons que beaucoup de personnes peuvent choisir l’instant précis de leur mort. Tout le monde peut parler d’une grand-mère qui a attendu l’arrivée de son fils aîné ou d’un grand parent qui a attendu la naissance de son petit-fils. Les mourants sont très attentifs aux dates particulières, ils peuvent choisir d’éviter Noël ou attendre un anniversaire de mariage, ce genre de choses. Les mourants peuvent aussi accélérer leur mort et mourir plus tôt que nous le pensions parce que le moment est bien choisi pour leur famille. C’est souvent fait par souci pour leurs proches. Par exemple, nous avons la situation où la famille est épuisée, ils ne peuvent plus s’occuper de leur père. Alors ils s’arrangent pour le mettre dans un hospice, et alors que l’ambulance est sur le chemin pour venir le chercher, il meurt. Il ne veut tout simplement pas aller à l’hospice. Ce n’est pas une coïncidence, cela s’est produit souvent, très souvent.

6- Besoin de réconciliation : Nous avons compris, en s’occupant des mourants, qu’il y a souvent un désir de fermer la boucle sur des événements de leur vie, comme si des affaires non réglées les retenaient. Il y a la réconciliation personnelle soit avec un parent, peut être une dispute avec un frère ou un problème avec un proche ou un ami. Les personnes mourantes ont souvent besoin de régler ces histoires relationnelles avant qu’elles ne meurent. Puis, il y a la réconciliation spirituelle ; très souvent, dans notre vie, nous nous éloignons des croyances religieuses que nous avions en grandissant. Les gens ont soudain besoin de retrouver ces rites. Ce n’est pas ainsi pour tout le monde mais c’est assez fréquent. Par exemple, un catholique qui a cessé de fréquenter l’église peut avoir envie de voir à nouveau un prêtre. Enfin, il y a la réconciliation morale : par exemple, un couple qui vivait sans être marié peut soudain estimer important de se marier. Les patients communiquent avec nous par le langage mais aussi en nous demandant des choses qui sont importantes pour eux. Nous avons appelé notre livre ULTIMES PRÉSENTS car nous avons réalisé que la mort est un moment privilégié d’échange de cadeaux dans les deux sens. Les patients nous donnent le cadeau de cette très réconfortante et paisible information, nous demandant de les aider à finir ce qu’ils n’ont pas terminé, pour qu’ils puissent continuer leur route. Nous leur offrons notre assistance dans les choses qui ont besoin d’être faites. Les familles sont très émues par ces expériences très fortes.

D’une certaine façon de parler, existe-t-il un schéma commun, dans ces visions ?

En fait, les enfants en parlent plus librement ; ils sont moins préoccupés par le fait que des personnes puissent penser qu’ils sont fous. Les gens plus âgés sont également beaucoup moins ennuyés par ce que pensent les gens. Ce sont ceux d’entre nous, entre les deux, qui ont une vie sociale qui s’inquiètent de ces choses, qui ont tendance à être un peu fermés. Cela touche tous les âges, toutes les orientations religieuses, toutes les maladies. Cela n’a rien à voir avec les médicaments ; si un patient est trop endormi, il ne peut rien vous dire. Nous avons des patients qui ne prennent rien de plus fort que du tylénol et qui vivent le même genre d’expérience que ceux qui sont sous morphine. Donc, ce n’est pas les médicaments. Mais, ici encore, il y a des personnes qui sont très ouvertes et qui partagent leur vie. Ce sont ceux qui ont tendance à nous dire ces choses. Si quelqu’un est très renfermé et très introspectif, il peut ne pas partager son expérience avec vous, mais cela ne veut pas dire qu’il ne vit aucune expérience.

Dans A l’Heure de la Mort, Osis et Haraldsson parlent de la différence entre les visions de lit de mort et les hallucinations. Quelle est votre opinion ?

Je ne suis pas ici pour dire que tout ce que dit un patient confus a une grande signification. C’est souvent très dur, même en faisant très attention, de comprendre exactement ce que la personne est en train de dire. Soixante-dix pour cent des mourants de maladie, à certains moments, sont confus ; cela fait beaucoup de confusions. Cependant, notre point de vue est de toujours écouter avec beaucoup d’attention les mots. Je ne suis pas en train de dire qu’il ne faut pas utiliser de médicaments ou qu’il ne faut faire aucune autre intervention qui pourrait soulager la confusion mais n’arrêtez jamais de porter attention aux mots véritables du patient. Souvent, quelque chose devient claire lorsque la personne est décédée. Ce n’est pas aussi simple que je le décris. J’ai raté cette expérience avec mon propre père, mais c’était pour une raison différente ; je veux dire par-là que c’était du à l’aspect émotionnel, vraiment. Cela ne fait rien, c’est encore un cadeau.

Comment réagissent les familles lorsqu’elles voient un patient parler de ses visions et du fait qu’il soit en paix avec l’idée de sa mort ?

Pour la plupart des familles, c’est plus facile de déclarer quelqu’un confus et d’arrêter d’écouter ce qu’il dit plutôt que de prendre en compte ce qu’il est en train de dire. Souvent, le patient est beaucoup plus réaliste et beaucoup moins négatif que ne l’est la famille. Les familles ont tendance à blâmer très rapidement la médecine. Elles peuvent supporter les changements physiques beaucoup mieux que ce qu’elles perçoivent comme étant des changements dans l’esprit du patient. Si quelqu’un perd son esprit, il devient un étranger pour vous. Alors les familles deviennent très, très bouleversées lorsque les personnes commencent à parler de choses qu’elles ne comprennent pas. Elles ont, très rapidement, tendance à appeler cela confusion ou à dire que c’est à cause des médicaments plutôt que d’écouter ce que la personne est en train de dire. Elles réagissent à la situation plutôt qu’à ce que la personne est en train de dire.

Comment la connaissance des NDAs peut-elle nous préparer à la mort ?

Je pense que cela est réconfortant. Cela peut aider à voir la mort comme un voyage physique. Nos patients nous disent qu’ils ont un sentiment de contrôle ; le sentiment qu’ils ne meurent pas seuls. Ils ont la compagnie de parents décédés ou d’êtres spirituels. Ils savent qu’ils sont en train de mourir. Ils se préparent à ce voyage ; ils voient qu’ils vont aller vers un lieu de très grande beauté. Ils meurent en paix au lieu d’être effrayés. Ce sont les leçons que nous pouvons tirer de la préparation pour faire face à l’anxiété de notre propre agonie. Quand vous avez vu autant de morts que moi, tellement paisibles et douces, cela change certainement votre façon de voir les mourants. Nos patients sont des enseignants. Il vous suffit d’être proches d’eux et de porter attention, apprendre ce que vous pouvez d’eux. Le message le plus important est qu’il y a dans la mort, plus que le " voyage " physique. Nous avons tellement focalisés là-dessus que nous avons négligé des aspects plus puissants de la mort, lesquels sont plus importants pour la personne qui est mourante. Je pense que les personnes mourantes sont en quelque sorte des prophètes ou des guides. Nous pouvons apprendre beaucoup d’eux parce que nous aurons, nous aussi, à y faire face dans le futur.

Qu’est ce qui est d’importance cruciale à savoir lorsque nous accompagnons un mourant ?

Tout d’abord, la plupart des mourants ne nous demandent pas de tout régler pour eux. Ensuite, nous sommes vraiment là pour être témoin du processus plutôt que de l’arrêter. Je ne veux pas dire par là que nous ne devrions pas faire de réanimations cardio-pulmonaires ou avoir des salles d’urgence. Mourir lentement par maladie est un processus naturel. Les patients ne nous demandent pas de stopper ce processus ; ils nous demandent de partager ce voyage. Cela veut dire écouter, regarder et apprendre plutôt que faire. L’équipe médicale ou les soignants ont besoin de se considérer comme des élèves, de réaliser qu’il y a encore tellement à apprendre. Nous devons parfois dés-apprendre ce que nous savons déjà parce que c’est notre façon d’apprendre des choses nouvelles. Nous devons lire, étudier et écouter ce que les gens nous disent.

D’après votre expérience, quels sont les impacts des NDA - que ce soit sur le plan professionnel, psychologique et spirituel - chez le personnel soignant, les infirmières et les docteurs ?

Très profond. Vous pouvez parler avec n’importe qui, qui s’occupe de mourants et ils vous diront que ce n’est pas un travail ; il s’agit d’un chemin spirituel sur lequel ils avancent. Je ne veux pas nécessairement dire religieux, je parle du spirituel. Nous ne pouvez faire autrement que d’être ému par ce travail. C’est un honneur et une bénédiction dans votre vie. Notre récompense est d’être le témoin de cet événement si important dans la vie de quelqu’un. Vous savez, ceux d’entre nous qui travaillent dans un hospice voient beaucoup de parallèles entre la naissance et la mort. Je dis souvent aux gens qui me demandent ce que je fais, que je suis une sage-femme de la fin de vie : j’aide les gens à faire la transition de cette vie vers ce qui arrive après, exactement comme un nouveau-né vient de l’utérus dans ce monde.

Est ce que les études médicales comportent des enseignements sur les NDE et les NDA ?

Malheureusement non. Cela commence à y être inclus mais pas aussi rapidement qu’il serait nécessaire. C’est une partie du travail l’Association International pour l’Etude des Expériences de Mort Imminente (IANDS) essaye de faire. Nous avons créé un comité consultatif professionnel constitué de docteurs, infirmières, travailleurs sociaux, psychologues et psychiatres afin de nous déplacer et discuter dans les écoles médicales, les écoles d’infirmières, les collèges, parce qu’il s’agit là d’une information cruciale. C’est important pour les docteurs d’entendre d’autres docteurs en parler, pour les infirmières d’autres infirmières en parler, parce que, très souvent, les professionnels formés scientifiquement ne croient pas les expérienceurs. Mais vous savez, il y a des docteurs, des infirmières, des travailleurs sociaux qui ont vécu une NDE ! Nous avons des gens très sérieux qui ont vécu ces expériences ou qui du moins en ont été témoins. Un des buts de IANDS est non seulement de fournir des supports aux expérienceurs de NDE mais également de partager cette recherche et cette information. Chaque école élémentaire devrait avoir au moins un intervenant sur le sujet. Cela devrait être inclus dans le curriculum. Nous voulons porter une attention toute particulière sur la promotion de ces informations. Nous avons le matériel nécessaire pour quiconque en fait la demande. Mais c’est difficile. Nous ne cherchons pas à valoriser ou à rendre cela sensationnel. Nous voulons simplement transmettre cette information à d’autres professionnels. Par exemple, toutes les équipes d’ambulanciers devraient être au courant des NDE. Une vaste majorité d’entre elles se produisent sur le lieu de l’accident ou pendant que la personne est transportée dans l’ambulance, en route vers l’hôpital. C’est donc important pour le personnel d’urgence d’avoir cette information. Nous déployons beaucoup d’efforts, mais nous sommes loin de faire les progrès escomptés. De nos jours, le terme "expérience de mort imminente" devient de plus en plus connu. Vous le trouvez même dans des feuilletons télé ou au cinéma. Les gens deviennent plus familiers avec le sujet. Un sondage Gallup* effectué en 1993 indiquait, qu’aux USA, entre 12 et 15 millions de personnes ont vécu une NDE ; cela représente beaucoup de gens. Il est important pour les infirmières et les docteurs de connaître le sujet car ils sont fréquemment ceux qui sont au chevet lorsque la personne se réveille de la NDE. La manière dont ils confirment cette expérience détermine en large partie la manière dont la personne l’intégrera dans sa vie. Alors ils pourront avoir une vie pleine de santé plutôt que de penser qu’ils sont fous parce que des médecins et des infirmières leur ont dit que cela était dû aux médicaments.

Quand vous avez commencé votre carrière d’infirmière, quelle était votre perception de la mort ?

Lorsque j’ai commencé mon travail en hospice, je percevais la mort comme quelque chose d’isolé, D’impuissant et d’effrayant. Bien sûr, ce n’est plus la perception que j’en ai maintenant.

Comment cela a-t-il évolué ?

Seulement en regardant les patients et en écoutant les choses qu’ils nous disent. Vous savez, les patients ne meurent pas seuls. Ils parlent de personnes qui sont avec eux, ils les nomment, ils ont des conversations avec eux. Il s’agit habituellement de quelqu’un qu’ils connaissent, qui est déjà mort ou bien quelquefois d’un être spirituel. Ils en sont réconfortés, presque curieux, mais pas bouleversés. Alors, comme nous écoutions et apprenions ce langage, nous avons été amenés à réaliser que la mort n’était pas ce que nous pensions. Et là encore, beaucoup de parallèles coïncident avec les NDE lorsque vous parlez de la présence d’autres êtres et ce genre de choses.

Est-ce que vous prévoyez qu’un jour nous puissions en connaître davantage sur la mort ?

Je le pense. C’est le travail de ma vie de comprendre davantage sur le sujet. Je sais que je le comprendrai entièrement lorsque je serai morte moi-même. J’espère alors que les conclusions auxquelles j’aurai précédemment abouti seront exactes.

A partir de votre expérience, est-ce que vous considérez la NDA comme une preuve d’une autre vie ?

Je ne veux pas entrer dans cette discussion. J’ai tiré des conclusions très importantes pour moi-même mais elles sont personnelles. Je ne partage pas mes conclusions personnelles parce que mon travail n’est pas de dire aux gens ce que cela signifie mais de leur montrer que cela arrive. Ils peuvent décider eux-mêmes de ce que cela signifie.

On dit : "Nous mourrons comme nous avons vécu".

C’est très vrai. Cela l’est encore plus dans le domaine du comportement. Nous avons souvent constaté que les gens occupés et organisés deviennent encore plus occupés et organisés lorsqu’ils approchent la mort ; les gens heureux deviennent encore plus heureux ; les gens justes deviennent plus justes ; les gens en colère sont encore plus en colère ; et ainsi de suite. La façon dont nous réagissons à la vie est unique pour chacun de nous. Ces mécanismes nous protègent dans la vie. Ils s’intensifieront lorsque nous avons à faire à cette ultime épreuve de la vie qui est la mort. Je dis aux familles : " Supposez que votre père est en train de mourir. Comment réagit-il normalement face à une crise ? Est-ce qu’il reste très calme, est-ce qu’il devient très occupé, très irrité ? Comme il fait face à sa mort, vous verrez que son comportement normal est multiplié par dix ". Cela les aide beaucoup de comprendre cela. Parfois, les familles s’attendent à ce que les gens changent soudainement, qu’une personne très mesquine, très égoïste ou renfermé sur elle-même devienne soudainement très aimante et ouverte et discute toutes ces questions. S’ils ne se comportaient pas de cette manière de leur vivant, ils ne le feront probablement pas au moment de leur mort.

En fait, nous devons changer d’attitude face aux mourants ?

Typiquement, nous avons considéré les mourants comme des victimes tragiques. Je préfère les regarder comme des professeurs éclairés. Ils vivent l’ultime partie de leur vie et le début ce qui suit comme aucune de nous ne peut comprendre. Si nous faisons attention, si nous écoutons et si nous regardons, nous pouvons apprendre des choses qui nous aideront. Mon père disait "Nous allons tous mourir un jour (la véritable traduction est " une personne sur une meurt (ie une allusion aux statistiques) ; pourquoi n’en parle-t-on pas ? Comment pouvons-nous apprendre à ce sujet ? ". Il existe deux groupes desquels nous pouvons apprendre : les expérienceurs de mort imminente et les personnes qui meurent lentement. Ce sont les seuls qui nous emmènent près de la mort comme ils le font.

En parlant de votre père, pouvez-vous nous raconter sa mort ?

Mon père a réellement choisi l’instant de sa mort. Il était très préoccupé à savoir que ma mère ne serait pas seule avec lui lorsqu’il serait mort. Il se faisait du souci de savoir qu’elle aurait à s’occuper de sa mort toute seule. Je suis allée leur rendre visite un week-end et je me suis sentie très troublée. J’ai fait tout le chemin retour pour rentrer dans ma famille mais je ne me sentais pas à mon aise, quelque chose ne collait pas. Même si j’avais des jeunes enfants, je suis repartie. Je resterais la nuit et partirais travailler de leur maison le lendemain matin. Mes parents étaient très surpris de me revoir. Quand je suis allée voir mon père pour la seconde fois, il m’a dit " Je suis si content que tu sois là, maintenant je peux m’allonger ". Vous voyez, il avait été incapable de sortir du lit pendant trois semaines, il est resté allongé. Et je n’ai pas compris le message. Vous n’êtes pas supposé voir la forêt à partir des arbres. Il attendait réellement que je sois là pour que ma mère ne soit pas seule. Il est mort cette nuit-là, en 1981.

Etiez-vous alors au courant de la notion de conscience accrue au moment de la mort ?

A ce moment-là, j’étais occupée à écrire le livre. Bien que Pat et moi faisions le travail de recherches et d’écriture, je n’ai pas compris le message à cause de ma propre implication émotionnelle ; ce qui est bien. Cela a néanmoins marché, j’étais là. Est-ce que vous vous sentiez préparée à cela ? Je ne sais pas s’il existe vraiment une chose telle que d’être préparé à perdre quelqu’un que vous aimez vraiment. Vous pouvez savoir que cela arrive, vous pouvez essayer de vous y préparer mais il n’existe pas de préparation. Il y a des moments où vous l’acceptez davantage que d’autres. Peu importe ce que vous savez au sujet de la mort, cela n’arrête pas votre douleur ni votre chagrin d’avoir perdu quelqu’un.

Qu’est ce qui, selon vous, empêche les gens de parler de la mort ?

La peur est à la base de l’ignorance et l’ignorance est à la base de la peur ; ce qui nous empêche de voir les choses en face. La seule manière de s’occuper de la peur est de s’occuper de l’ignorance, d’apprendre autant que nous pouvons. Plus nous apprenons, moins nous avons peur de la mort.

Les personnes ont en général tendance à ignorer la mort jusqu’au jour où elles sont confrontées à elle ? C’est regrettable parce que nous devrions nous préparer. C’est la chose la plus importante que nous puissions faire. Si vous regardez bien, notre corps commence à mourir dès l’instant où nous sommes nés. La seule chose inévitable de toute notre vie est que nous mourrions. Et c’est la seule chose à laquelle on ne se prépare jamais.

Avez-vouspeur de mourir ?

Je n’ai pas du tout peur de mourir. Lorsque vous travaillez avec des mourants comme je le fais, toute ma conception de la mort a changé. Je n’ai aucune crainte de mourir. Cela serait très inopportun si cela arrivait dans ma vie maintenant, j’ai des choses à faire. Mais je l’envisage d’une façon très positive. J’anticipe avec le plaisir de retrouver les personnes que j’ai aimées et qui sont déjà mortes. J’ai tellement d’amis qui sont de ce côté, comme vous pouvez l’imaginer après 18 années de travail auprès des mourants.

Que feriez-vous s’il vous restait un mois à vivre ?

Et bien, je deviendrais très occupée parce qu’il y a beaucoup de choses dans ma vie qui ne sont pas terminées. Il y aurait beaucoup de choses que j’aurais besoin de faire pour mettre ma vie en ordre, ma maison en ordre, d’une certaine façon de parler. Je m’assurerais que mon héritage serait transmis à mes enfants selon la façon que j’aurais voulue. Ils sont grands maintenant mais ils sont encore des enfants dans mon esprit. Je pense que le dernier chapitre de votre vie peut être le plus créatif. Je me sentirais en état de choc, en colère ; dans une certaine mesure, je ressentirais ce que tout le monde ressent, mais la mort n’est pas une étrangère pour moi.

Une sorte d’amie, dirions nous... ?

Je ne sais pas si on peut aller jusqu’à dire une amie (rire). Je dirais que la mort m’est familière, je suis familiarisée avec la mort.

Comment vous prépareriez vous vous-même à la mort ?

Cela dépend de la maladie dont je serais atteinte. Pour moi, il serait plus important d’être capable de conserver les facultés et d’échanger avec ma famille que de dépenser mon énergie dans les traitements. Quelquefois, lorsque votre temps est compté, quand votre vie va être plus courte que vous ne le pensiez, les gens poussent pour des traitements très agressifs. Alors, à l’instant de la mort, ils regardent en arrière et réalisent alors que tout ce qu’ils ont fait était de se focaliser sur le traitement plutôt que de prendre la maladie avec grâce et se rappeler les moments pleins de joie et de créativité. Je pense qu’au lieu de cela, je prendrais ce temps pour apprécier ma famille et aimer les autres. Pour moi, la qualité de ma vie est plus importante que la " quantité " de ma vie. Nous devenons épuisés dans nos tentatives de rester en vie un jour de plus, quand, en fait, quel est l’intérêt s’il y a une pauvre qualité de vie. J’estime, qu’à ce point de vue, je préfèrerais garder le contrôle plutôt que de voir le traitement prendre le contrôle de moi. Mais c’est difficile à dire, je n’ai jamais vécu cela.

Vous POURRIEZ mourir d’une attaque cardiaque...

Je serais très en colère si c’était le cas ! Je pense que je mérite une maladie durant laquelle je pourrais avoir des avertissements et l’opportunité de réaliser qu’il est temps de ralentir et de mettre ma maison en ordre. J’aimerais une grande finale (rire). Si je meurs D’une attaque cardiaque, je n’aurai pas cela. Je voudrais vivre un ultime chapitre très riche et être emportée d’une crise cardiaque ne m’apportera pas cela. Mais sérieusement, cela vous dit à quel point il est important de vivre sa vie comme s’il s’agissait de votre dernier souffle. Vous n’attendez pas l’épreuve pour dire aux personnes que vous les aimez, que vous les appréciez, que vous êtres fier d’eux. Rendez grâce maintenant pour ce que vous avez parce que rien ne vous est donné. Nous n’avons aucune promesse.

Comment voyez-vous les changements sur la vision de la mort et des mourants depuis que vous avez commencé à travailler dans les hospices, vingt ans auparavant ?

Je pense que nous avons découvert la mort et les mourants très récemment. Cela devient très populaire et c’est en partie bien. Où, d’après moi, cela va-t-il conduire ? Mon souhait, mon vœu, mon rêve est que toute personne devienne plus à son aise avec ce concept. Je voudrais voir les gens arrêter d’être des victimes de la mort. De cette manière, ils ne peuvent pas bien se préparer. La mort peut être telle que nous l’avons choisie. Nous pouvons avoir le sentiment de vivre le dernier chapitre de notre vie de manière aussi créative et sous contrôle que possible. Parce que cela est possible.

Nous préparer à la mort comme nous préparons nos vacances ?

Bien sûr, nous préparons la naissance du bébé, son éducation et ainsi de suite. Nous préparons tout sauf la mort. Et la mort est la seule chose qui est donnée.

Comment voyez vous l’intérêt croissant sur la mort avec des livres tels que le Livre Tibétain de la Vie et de la Mort par Sogyal Rinpoche ou des livres par des expérienceurs ?

J’ai entendu Rinpoche parler. Il est incroyable, merveilleux ; un véritable guide spirituel. Il nous offre un cadeau. L’abondance des livres disponibles sont des outils pour nous aider à contrôler ce processus inévitable. Comme vous pouvez le savoir à partir de votre propre NDE, la raison pour laquelle nous sommes sur cette terre est que nous devons apprendre. Mais que devons-nous apprendre ? Nous sommes ici pour apprendre comment mourir ! En apprenant comment mourir, nous apprenons comment vivre. La plupart des mourants vous diront que nous pouvons apprendre beaucoup plus d’eux sur la vie que sur la mort. Nous arrêtons de nous soucier au sujet de choses stupides qui nous préoccupe. Je n’ai jamais entendu un mourant dire "Je désire passer plus de temps au bureau" ou bieN " Je désire conduire une Mercedes " ou bien encore " J’espère avoir appartenu au meilleur club de country ". Quand vient le moment des dernières heures de la vie, ce n’est pas ce qui compte. Quand vous vous occupez de personnes qui parlent de la pureté de la vie, cela vous aide à rester dans le domaine des choses importantes. Mes enfants savent que je les aime, que je suis fière d’eux. Je n’attends pas l’heure de ma mort pour leur dire de telles choses.

Comment meurent les personnes à l’esprit matériel et superficiel ?

Beaucoup meurent avec le regret d’avoir gaspillé leur temps sur des choses stupides. J’ai entendu des gens dire " Pourquoi n’ai-je pas passé plus de temps avec ma famille ? J’étais tellement occupé à travailler pour gagner de l’argent, pour acheter des choses ; maintenant ces choses n’ont aucune importance pour moi. "

Qu’avez-vous personnellement et professionnellement appris à travailler auprès des mourants ?

Oh ! Je vous dirai ce que j’ai appris personnellement et professionnellement : cela s’appelle DULTIMES PRÉSENTS. Cela m’a pris tout un livre pour le dire ! A moins que vous ne préfériez passer encore six heures au téléphone ! (rires). Ce que j’ai appris.... c’est tellement de choses ! J’ai appris à prendre soin des autres, à aimer les autres. C’est ce qui est important. C’est trop dommage que les gens ne découvrent pas cela avant l’heure de leur mort. J’ai appris que la mort n’a rien à voir avec la peur ; ce n’est pas une chose effrayante. Souvent, la mort n’est pas notre ennemi, la vie l’est ! Il y a des choses pires dans la vie que de mourir. C’est là juste quelques unes des choses que j’ai apprises, mais vous devez lire le livre.

En terminant, pourriez-vous me parler de Shades of Rainbow, ateliers que vous donnez avec Diane Corcoran, présidente de IANDS.

J’ai rencontré Diane Corcoran lors d’une conférence de IANDS. Diane est un colonel de l’armée en retraite et qui, en réalité a fait pression sur les militaires pour inclure les NDE dans leur programme d’enseignement pour les infirmières. Elle avait la responsabilité des toutes les infirmières au cours de la mission " Tempête du désert " en Irak. Aux USA, elle est l’infirmière le plus publiée dans le domaine des expériences de mort imminente et je suis devenue la plus publiée dans le domaine de la conscience accrue au moment de la mort. Elle écrit sur l’expérience des personnes qui ont vécu l’expérience de mort subite et j’écris sur l’expérience des personnes qui meurent lentement. Nous avons réalisé que l’information que nous avions chacune se combinait parfaitement pour rassembler presque tout ce que vous voulez savoir au sujet de la mort et des mourants, que cela se passe lentement ou rapidement. Le titre " Les nuances de l’arc en ciel " de l’arc en ciel " fait référence au fait que la NDE est rapide et intense alors que la NDA est plus lente et plus graduelle. Les patients de Diane sont les couleurs intenses de l’arc en ciel alors que les miens sont les douces nuances pastels. Vous voyez qu’il s’agit là d’une continuité.

Maggie Callanan, je vous remercie beaucoup pour cette interview.

Vous êtes le bienvenu.

* Gallup est une maison de sondage aux Etats-Unis. Suite à un arrêt cardiaque ou il a vécu une NDE, son fondateur, M. George Gallup a décidé de mener un sondage sur le nombre de gens qui auraient vécu une telle expérience. C’est ainsi qu’il a estimé le nombre d’expérienceurs de 8 à 13 millions, aux Etats-Unis seulement.

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Cette interview a eu lieu le 19 janvier 1998.

par Gilles Bédard / Traduction : Régine B.

©1998 Gilles Bédard site web : http://pages.globetrotter.net/inerson / courriel : inerson@sympatico.ca

Reference : Final Gifts : Understanding the Special Awareness, Needs, and Communications of the Dying,by Maggie Callanan & Patricia Kelly, Bantam Books, 1992


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