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Un voyant dans la ville


Ce titre, "Un voyant dans la ville", est celui d’un ouvrage qui fait référence en matière d’approche scientifique du phénomène de la voyance (vous pouvez obtenir plus d’informations dans notre bibliographie). Sous la direction de l’universitaire ethnologue François Laplantine, il offre un travail singulier et très intéressant de l’examen par une équipe en sciences humaines multidisciplinaire d’un voyant célèbre de Lyon, Georges de Bellerive. Nous avons demandé à l’un des co-auteur de cet ouvrage, Paul-Louis Rabeyron (psychiatre), 15 ans plus tard, de répondre à quelques questions.

Nous avons choisi un petit extrait tiré de cet ouvrage et de l’article de Paul-Louis Rabeyron. Ce texte traduit très mal le remarquable travail effectué par le groupe de chercheurs. Il permet de deviner l’état d’esprit dans lequel les investigations ont été menées. On ne pourra qu’encourager nos lecteurs à se procurer l’ouvrage pour avoir une vision plus complète du travail réalisé.

"Je crois cependant que, dans ce qui pouvait se trouver en jeu dès ces premières rencontres, la voyance (le concept de voyance) nous plongeait dans cette atmosphère paranoïde, où tout pouvait s’effondrer et se fracturer d’un jour à l’autre. Pendant plusieurs mois, il nous fallut nous interroger et nous réinterroger sur notre fonctionnement, rassurer Georges de Bellerive, nous rassure nous-mêmes sur la possibilité de poursuivre. Je crois qu’il est intéressant de noter, par exemple, que ce n’est qu’après six mois de travail en commun que nous pûmes nous "avouer" nos points de vue assez différents les uns des autres sur la voyance. Il faut dire que, sur les six chercheurs, nous n’étions que trois à disposer au départ d’une certaine culture sur le paranormal, théorique et/ou de terrain. Pour les trois autres, il s’agissait bien davantage d’une rencontre avec le monde de l’étrange. Pour l’un d’eux, le choc s’avéra assez rude, car c’est d’une position de rationaliste classique qu’il organisa sa rencontre avec la voyance. Il n’imaginait certainement pas, au départ de cette aventure, que celle-ci le conduirait lui-même à consulter d’autres voyants et à réenvisager complètement la vision qu’il pouvait se faire du monde... La Weltanschauung dominante exclut que l’on joue trop avec les concepts d’espace et de temps. Nous sommes tous complètement imprégnés de repères spatiotemporels qui sont plus que des repères intellectuels. Ils participent à l’organisation de nos investissements culturels, professionnels, politiques et religieux. Ils répondent à des questions profondes sur nos origines et notre devenir, en apportant des réponses qui, en restant ainsi solidement arrimées à des représentations hautement partagées, évitent à leur retour à notre claire conscience d’Occidental. Ces repères nous donnent un cadre qui, finalement, nous structure sans doute plus que nous ne l’imaginons." (op. cité, p. 244-245)

Questions à Paul-Louis Rabeyron

1) Après plus de dix ans, apporteriez-vous des modifications sur votre article dans cet ouvrage ?

C’est difficile à dire, d’autant que je ne passe pas mon temps à relire ce que j’ai écrit !...De plus, le contexte n’est plus tout à fait le même avec un discours social sur la paranormalité, en général, qui a évolué. De nouvelles recherches, de nouveaux ouvrages ont été publiés dont j’essaierais de tenir compte si je devais réécrire mon texte. Peut-être que dans le cadre de ma contribution, qui s’intitulait " Le voyant et la science ", je développerais davantage la dernière partie qui s’éloignait du voyant lui-même pour élargir le débat au dialogue entre science et voyance en général.

2) En quoi cet ouvrage encore aujourd’hui est-il révélateur d’une approche scientifique de la voyance ?

L’originalité de notre travail tenait dans la possibilité même que la voyance puisse être prise comme objet d’études par un groupe de chercheurs de formation universitaire. L’aspect pluridisciplinaire était également novateur, de par les différents angles d’attaque possibles du problème. Le fait que le voyant lui-même, Georges de Bellerive, ait écrit un chapitre, faisait ressortir le désir qui était le nôtre d’ouvrir une réflexion sur ce thème plutôt que de clôturer les choses de façon réductioniste. Il me semble que cette approche, si elle n’est pas la seule pertinente, peut être l’une des manières d’aborder le champ complexe du paranormal, surtout lorsque l’on veut étudier le " paranormal spontané " ou certaines pratiques s’y référant. Notre approche était avant tout marquée du sceau des sciences humaines, nous situant à mon avis dans la lignée de travaux plus classiques en anthropologie (quelques années avant nous, on se souviendra de l’ouvrage que Jeanne FAVRET-SAADA avait consacré à la sorcellerie, Les mots, la mort, les sorts ). Mais nous ne traitions pas pour autant avec indifférence ou mépris les données issues de la parapsychologie. Même si nous nous centrions sur les dimensions psychosociales de la pratique d’un voyant, nous n’avons pas contourné la question de la réalité même de la voyance comme phénomène paranormal. Ce souci est, je crois, particulièrement perceptible à la lecture de mon article, mais aussi de ceux de François LAPLANTINE ou de Richard ALOUCHE.

3) Quelles "zones d’ombre" encore aujourd’hui (faisant référence à votre conclusion) reste-t-il à explorer dans la voyance, qui ne l’ont pas été dans l’ouvrage ?

Je commencerais par parler de ce qui n’est pas réellement une zone d’ombre, mais qui pourrait apparaître comme un manque. Georges de Bellerive n’a pas été soumis à une étude parapsychologique expérimentale, en laboratoire, qu’il aurait d’ailleurs très certainement acceptée si elle lui avait été proposée. Il était clair entre lui et nous, dès le départ, que le but de la recherche n’était pas de faire la preuve de sa voyance. Et je crois d’ailleurs que si l’ouvrage a pu avoir un certain impact, c’est sans doute que nous nous sommes tenus à cette ligne directricte. Cela dit, le livre est truffé de nombreux témoignages de consultants qui rapportent des exemples de voyance qui les ont marqués. Si nous avions rajouté des tests parapsychologiques, en dehors du fait que l’ouvrage aurait perdu en cohésion, nous courrions le risque de nous voir assimiler, sans autre forme de procès, par les milieux intellectuels, à la liste des parapsychologues à ne pas fréquenter. Cela est sans doute regrettable, mais bien réel, et plus encore peut-être en 1985 qu’en 2002. Cette assimilation aurait nui finalement à l’ensemble du travail et donc à la connaissance de la voyance elle-même. Ce choix n’était pas une compromission mais présentait un intérêt stratégique. Bien sûr, je parle en mon nom, les autres co-auteurs ne feraient pas forcément la même analyse que moi à propos de cette question. Il faudrait les interroger à ce sujet... D’autres points, concernant l’intimité de la relation voyant-consultant, auraient pu être travaillés plus en détail si nous avions pu assister aux consultations. Nous ne disposions que de témoignages et n’avions donc, en quelque sorte, que des informations de " seconde main ". Informations tout à fait utilisables et passionnantes, certes. Un chercheur s’était d’ailleurs retiré de l’étude car Georges de Bellerive avait refusé qu’il assiste aux consultations, pour des raisons éthiques. Cela nous privait de l’observation directe de l’acte de voyance et cela nous privait sans doute également de témoignages moins favorables au voyant puisque - et c’est bien compréhensible - Georges de Bellerive nous avait communiqué les coordonnés de personnes particulièrement satisfaites de ses services. Depuis notre travail, de nombreux ouvrages très intéressants ont été publiés qui, chacun à leur manière, en terme psychologiques ou psychanalytiques, abordent cette question de la relation voyant-consultant. Je pense en particulier au livre d’Elisabeth LABORDE-NOTALE (La voyance et l’inconscient) ou aux ouvrages d’Eliane GAUTHIER (par exemple : J’ai rendez-vous avec moi). Le livre de Gérald GASSIOT-TALABOT sur Yaguel DIDIER est également assez éclairant (Yaguel DIDIER ou la mémoire du futur). Et bien d’autres que je ne peux pas tous évoquer ici.


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