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Le revers de la médaille ou la face cachée d’une belle expérience
http://www.paranormal-info.com/Le-revers-de-la-medaille-ou-la.html

Par Evelyn Elsaesser-Valarino

jeudi 12 février 2004

Quand Eric RAULET, Directeur de la publication Ondes, m’a demandé d’écrire un article sur les NDE négatives, j’ai accepté malgré le fait que je me suis rendue compte immédiatement que c’était probablement l’aspect des NDE que je connaissais le moins bien. Si Eric m’avait chargée d’écrire une contribution sur la revue de vie, les NDE chez les aveugles ou les transformations psychologiques constatées chez les expérienceurs2, j’auraisaussitôt pris ma plume - ou plutôt mon ordinateur - et rempli de nombreuses pages sans hésitation. Commenter les NDE négatives, par contre, m’a demandé un temps de réflexion et de lecture. Une NDE négative est effrayante, voire même angoissante et par conséquent elle n’est agréable ni pour celui qui l’a vécue et la relate, ni pour celui qui l’étudie, ni pour 2 Terme emprunté à la littérature spécialisée anglo-américaine désignant une personne qui a vécu une expérience de mort imminente. celui qui en prend connaissance. Il est certain que les NDE positives sont infiniment plus plaisantes à vivre et à raconter, remplies qu’elles sont de merveille, de rencontre avec un Être de lumière d’une infinie bonté, de révélation de l’amour total, d’immersion dans la connaissance absolue... Bref, une des raisons pour laquelle on n’a entendu parler des NDE négatives que vers la fin des années 1970 est en partie due au fait qu’une NDE positive est plus attrayante à explorer qu’une NDE négative. Nous avons tous envie, consciemment ou inconsciemment, de croire en une après-vie aussi éblouissante que l’amorce vécue par les expérienceurs nous la laisse deviner.

Mais ceci n’enlève rien à l’authenticité de l’expérience de mort imminente car un désir peut évidemment correspondre à une réalité. Pourtant, comme nous allons le voir, la motivation du chercheur n’est pas seule en cause en ce qui concerne la relative méconnaissance des NDE négatives.

Données statistiques

Nous disposons seulement de quelques estimations quant au pourcentage de NDE négatives et non de chiffres unanimementreconnus3. Kenneth RING (1999) a estimé à 5 % le nombre de NDE négatives, Peter FENWICK5 à 4 % (1999). Pourtant ces NDE négatives existent indéniablement et même si elles sont statistiquement peu significatives, elles méritent notre attention à double titre : il est trop facile de ne contempler que la face lumineuse d’une pièce, la face cachée doit être analysée tout aussi attentivement. De plus, l’étude des NDE négatives nous révélera certainement des aspects aussi passionnants que les NDE positives.

Qu’est-ce qu’une NDE négative ?

Depuis une trentaine d’années, nous entendons parler de NDE qui amènent l’expérienceur dans un environnement rayonnant d’amour et de lumière, de rencontres et de visions paradisiaques, de sentiments de bonheur et d’euphorie absolus. Cependant, depuis relativement peu de temps, cette image idyllique a été troublée par des récits de NDE effrayantes, terrifiantes que les chercheurs ont appelé " NDE négatives ". Ces expériences ont souvent des connotations religieuses comme la vision de l’enfer, la rencontre avec une foule de gens croupissant dans un endroit laid, sale et sombre, plongé dans une chaleur insupportable. Ces personnes tendent leur bras dans une supplication vaine pour obtenir un verre d’eau, condamnées qu’elles sont à souffrir mille morts pendant une durée infinie.

Voici comment une personne décrit sa NDE négative (LINDLEY, BRYAN,and CONLEY, 1981) : " Je suis descendu ! Là en bas, tout était noir, il y avait des gens qui hurlaient, il y avait un feu, ils voulaient boire...D’abord nous sommes descendus, il faisait nuit noire... Ce n’était pas un tunnel, c’était plus qu’un tunnel - une espèce de tunnel énorme. Je descendais en flottant...J’ai vu beaucoup de gens là-bas, ils criaient et hurlaient... Je dirais... qu’il y en avait peut-être un million. Ils étaient misérables et remplis de haine. Ils demandaient à boire. Ils n’avaient pas d’eau du tout... Il était là, muni de petites cornes... Je l’ai tout de suite reconnu... Le diable lui-même !

Qui a fait connaître les NDE négatives ?

Un cardiologue américain nommé Maurice RAWLINGS a été l’un des premiers à mentionner dans son ouvrage Beyond Death’s Door7 (1978) de très nombreuses NDE effrayantes, décrivant des scènes d’enfer, des personnes qui suppliaient l’équipe médicale qui les assistait dans leur crise de mort imminente de ne pas les laisser replonger dans cet environnement terrifiant qu’elles appelaient l’enfer, Par ailleurs,RAWLINGS prétendait que la quasi totalité des NDE induites par tentative de suicide étaient négatives, ce que toutes les études postérieures ont clairement démenti. Des chercheurs tels que SABOM (1979) et Ring (1980) ont émis des réserves quant au sérieux des conclusions avancées par RAWLINGS, connu pour ses positions religieuses fondamentalistes et pour sa méthodologie pour le moins approximative, voire douteuse. Pourtant, personne ne niait l’existence des NDE négatives et Margot GREY l’exprimait ainsi " des rencontres négatives, bien que peu fréquentes, existent incontestablement " (1985).

DIVERSES INTERPRÉTATIONS

L’expérience s’est terminée trop tôt

Personnellement, je suis enclin à penser qu’une NDE négative est une expérience qui s’est terminée trop vite, de manière inopportune. Nous savons qu’une partie des expérienceurs connaissent un sentiment de désorientation ou même d’angoisse au moment de la décorporation. Nous trouver à l’extérieur de notre corps physique, le voir étendu en dessous de nous, de notre conscience, de plus savoir si nous sommes vivants ou morts constitue évidemment un choc, ou pour le moins un fort étonnement, ce qui peut causer des frayeurs. Je rejoins LINDLEY, BRYAN et CONLEY (1981) qui affirment " La plupart des NDE négatives commencent par un instant de frayeur ou de panique ou bien par la vision de créatures irritées ou effrayantes. Pourtant, à un certain moment, elles se transforment en expériences positives dans lesquelles toute négativité se dissipe et la première étape de la mort (paix) est ainsi atteinte ".

La NDE inversée

Ring (1994) appelle NDE inversée une NDE qui comprend exactement lesmêmes composantes qu’une NDE positive mais est ressentie comme négative par l’expérienceur. Comment est-ce possible que ce qui a été décrit comme l’événement le plus merveilleux de leur vie par des millions d’expérienceurs soit ressenti de manière négative par d’autres, si minime que soit leur pourcentage ? La réponse est peut-être liée à l’ego et GREYSON et BUSH l’ont expliqué comme ceci " La personne qui réagit ainsi est terrifiée par la perspective de perdre son ego pendant le processus (de mourir). En conséquence, la personne résiste frénétiquement au processus de l’agonie quand elle devrait au contraire s’y abandonner. C’est précisément cette résistance qui crée la frayeur croissante qui vient s’infiltrer dans toute l’expérience ". Le fait de résister, de refuser de lâcher prise, est certainement une des clés qui permet d’expliquer les NDE négatives. Une correspondante de RING (1984) analyse elle-même son expérience et arrive à la conclusion que sa terreur de la mort de l’ego a été à l’origine de sa NDE négative. De plus, il est intéressant de noter qu’elle se perçoit comme étant simultanément elle-même et sa conscience qui s’observe : " Un effet de boule de neige se produisit. Toute mon énergie afflua à l’intérieur et j’étais frénétique. J’ai vécu l’enfer et jamais, de toute ma vie, avais-je ressenti une telle terreur. Il s’agissait de la mort de mon ego. Je fus remplie d’une incroyable terreur qui consuma tout. Une lutte violente et d’énormes bouleversements accompagnèrent la mort de mon ego. La majeure partie de mes souvenirs de ce moment critique est constituée de ma lutte et de ma terreur. La meilleure comparaison que je pourrais faire est l’image d’un petit enfant qui est traîné quelque part contre sa volonté et qui hurle et donne des coups de pieds pendant tout le trajet...Quelqu’un était en train d’observer tout cela et ce quelqu’un était toujours moi et pourtant le moi, comme j’avais l’habitude de le définir, était mort. Le moi (la personnalité) observait tout cela et était le témoin de la mort du moi (l’ego). Tout ceci était très troublant et pourtant tout à fait évident en même temps. En accord avec cette prise de conscience je me suis abandonnée à cette force et j’ai dit OK, je me rends, j’irai là (où je dois aller) calmement et silencieusement et j’ai senti une présence aimante qui m’entourait et me pénétrait. C’était un endroit merveilleux, rempli de paix, d’harmonie absolue, tout s’y trouvait... ". Dans ce récit on voit clairement que deux facteurs sont à l’origine de cette NDE négative : la frayeur et le refus de lâcher prise. Je fus intéressée de constater le degré de libre décision de cette femme :elle n’est pas passive dans cet épisode, elle ne subit rien, bien au contraire, c’est elle qui détermine l’instant où elle accepte l’expérience, où elle dit oui à ce passage qui lui est proposé, librement et consciemment. Ensuite, elle vit une expérience de mort imminente positive, transcendante. Ainsi, on peut dire que la NDE inversée est provoquée par la peur, voire la terreur, générées par la perspective de la mort de l’ego. Les personnes qui sont incapables de lâcher prise ou qui entrent dans l’expérience de mort imminente handicapées par une violente appréhension, quelle qu’en soit la cause, peuvent vivre des NDE négatives, qui finiront cependant par rejoindre un déroulement classique de NDE positive.

Que faut-il entendre par " la mort de ’ego " ?

Ring suggère que les NDE négatives seraient induites par le refus de l’expérienceur de reconnaître que sa personnalité, qu’il confond avec son identité n’est ni réelle, ni durable. La partie qui meurt n’est pas réelle mais représente uniquement notre attachement à une identité partielle. Sans en être véritablement conscients, nous faisons partie d’un ensemble, d’une unicité cosmique, que nous rejoindrons lors de notre passage - au moment de la mort -, vers cette " autre dimension ". Pourtant, notre vie de tous les jours, est régie par l’ego, et cela aussi est une réalité, la réalité de notre existence terrestre. RING (1991), l’exprime ainsi : " ... et nous amenons cet ego avec nous dans les premières phases de la NDE, quand nous nous accrochons encore à notre conviction d’être des individus séparés, autonomes. Peu importe que l’ego soit en fin de compte une illusion, qu’il crée cette idée erronée de séparation, c’est quand même la lentille à travers laquelle nous sommes habitués à voir le monde et nous ne connaissons rien d’autre. L’ego est aussi un système défensif et de ce fait très attaché à perpétuer sa propre survie. Il ne veut pas mourir, à aucun prix, et quand il se sent menacé - à moins d’être submergé totalement et immédiatement - il mettra n’importe quel barrage en place pour éviter l’anéantissement. C’est la Lumière qui est son ultime ennemie, parce qu’au fur et à mesure que l’ego y pénètre, il devient transparent. Son manège arrive à terme quand la véritable Lumière de notre être - notre essence primordiale et éternelle - se met à rayonner. Le dernier refuge de l’ego, avant de se rendre, est constitué d’un mur de peur qu’il bâtit pour repousser la Lumière ". Un expérienceur, Bob HELM (1993) l’exprime ainsi : " Si nous pouvions abandonner nos peurs, nous pourrions alors immédiatement faire l’expérience de la Lumière... et retourner là où, spirituellement, nous sommes supposés être. (Pour ce faire) nous devons être disposés à faire une introspection, à trouver la peur, à la laisser partir et, à travers une découverte intérieure, à abandonner notre attachement à la Terre. Car si nous avons des pensées conditionnées par la peur, ne serait-ce que quelques-unes, alors nous bloquons l’accès à cette lumière et pourtant c’est bien dans cette lumière-là que nous avons été créés ". Si on admet que l’ego qui semble pourtant être une partie intégrante de nous-mêmes, n’est en fait qu’une illusion, destiné à être anéanti au moment où la conscience pénètre dans une autre dimension, alors on peut également s’interroger sur la valeur à accorder à la NDE négative qu’il met en scène. Ring avance l’hypothèse suivante (1994) : " Selon mon interprétation, la peur associée à ces rencontres est générée par l’ego humain, qui n’est après tout qu’une fiction vide de sens. On pourrait alors prétendre que les NDE négatives elles mêmes ne sont que des fantasmagories illusoires fabriquées par l’ego en réponse à la menace de son propre anéantissement imminent. Ces distractions compréhensibles et même quelquefois effrayantes ne résisteront pourtant pas longtemps à la puissance de la Lumière qui est inconditionnelle et, si mon analyse est juste, l’expression de la réalité elle-même. Ainsi, c’est la NDE transcendante et non celle qui est effrayante qui laisse apparaître l’ultime réalité. Les NDE effrayantes reflètent tout simplement le fait que l’enfer n’est rien d’autre que l’expérience d’un ego qui, se croyant illusoirement séparé (de l’ensemble auquel il appartient), se livre à un combat fantôme".

La NDE infernale

RING et GREY (1985) estiment que les NDE infernales, décrivant des scènes d’enfer, ne sont que des versions plus intenses de NDE inversées. GREYSON et BUSH, cependant, ne rejoignent pas cette interprétation. Ils estiment que ces NDE négatives à connotation infernale ne se transformeront pas en NDE positives au fur et à mesure du déroulement de l’expérience. Bruce Joel ROBIN (1990), auteur des films Ghost et Jacob’s Ladder, donne une interprétation intéressante des NDE nfernales : " Le ciel et l’enfer sont la même chose. Si tu as peur de mourir, tu feras l’expérience de démons arrachant ta chair. Si, par contre, tu attends la mort les bras ouverts, alors tu verras des anges te libérant de ta chair ". Je suis entièrement d’accord avec soninterprétation. Beaucoup d’aspects de la NDE laissent conclure à une très grande liberté de décision de la part de l’expérienceur qui semble rester maître de son destin. La revue de vie, par exemple, qui laisse une totale liberté à la personne qui l’expérimente de juger elle-même sa vie, assistée par la présence bienveillante, aimante et réconfortante de l’Être de lumière. Le retour à la vie également - qui s’effectue au moment où l’expérienceur voit une frontière, symbolisée de diverses manières - est souvent décidé par l’expérienceur lui-même. Il y a eu de très nombreux cas où la personne avait le choix soit de continuer son chemin vers la Lumière et de mourir, soit de revenir à la vie. Cette notion de choix me fait également penser au Livre des Morts Tibétain qui explique que la pensée de la personne décédée crée son environnement. Il est évident que, selon la perspective que l’on adopte, on peut dire que notre chair nous a été arrachée avec violence ou, au contraire, que nous en avons été libérés.

La NDE débouchant sur un vide dénué de toute signification

Les chercheurs ont assimilé aux NDE négatives les expériences qui plongent l’individu concerné dans un environnement privé de toute signification. Tout est absurde et cruellement insignifiant, la NDE ainsi que toute l’existence que le sujet est sur le point de quitter. L’expérienceur se révolte et tente de prouver que sa vie a un sens, qu’elle est réelle. Contrairement aux NDE positives qui semblent se produire en dehors du temps, ce type de NDE se prolonge indéfiniment et de manière insupportable. GREYSON et BUSH ont constaté que, contrairement aux NDE inversées, ce type de NDE ne se transforme pas non plus en expérience positive au fil de son déroulement. Un cas commenté par GREYSON et BUSH (1992) illustre bien ce type de NDE négatives, particulièrement difficiles à vivre compte tenu de la négation sarcastique de l’individu qui n’a aucune possibilité d’échapper à cette situation. Ces expériences sont remplies d’aliénation métaphysique, de solitude et de désespérance : Une femme qui a vécu une NDE lors d’un accouchement très difficile aperçoit un petit groupe constitué de cercles noirs et blancs qui se transforment par moments en cercles de couleur clignotants, émettant le message suivant : " Ta vie n’a jamais existé. Ta famille n’a jamais existé. On t’a simplement permis de l’imaginer... mais rien de tout cela n’a jamais existé. C’est une plaisanterie... ce n’était qu’une plaisanterie... ". Il est important et intrigant de souligner que la majorité de ce type d’expériences se produit pendant des accouchements sous anesthésie.

L’hypothèse prénatale

Les travaux de Stanislav GROF12 (1975, 1985, 1988) fournissent une interprétation de la conscience prénatale qui nous amène à établir des parallèles avec les NDE négatives. Christopher M. BACHE13 (1994) argumente que les trois types de NDE négatives - la NDE inversée, infernale ou celle représentant un vide dénué de sens - sont toutes enracinées dans un état de conscience prénatale, qu’il n’y a qu’une différence de degré mais non pas de nature entre elles. BACHE avance l’hypothèse que la conscience prénatale n’est pas constituée uniquement du niveau foetal mais qu’elle est composée de deux aspects : le personnel et le transpersonnel. Depuis la perspective personnelle, la conscience prénatale apparaît comme le soubassement de l’inconscient individuel, comprenant les fragments mal digérés d’une expérience - la naissance - qui a menacé notre intégrité physique et psychique plus gravement que tout autre événement de notre vie post-natale. De plus, ces souvenirs datent d’une époque où l’individu était tout particulièrement vulnérable et exposé à son environnement. Cependant, depuis la perspective transpersonnelle, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas des êtres autonomes comme nous le supposions. Le niveau prénatal renforce l’identité d’un individu et, en fait, de toute l’espèce dont la prise de conscience n’a pas encore atteint les racines de son existence et n’a pas encore découvert sa connexion avec l’unicité de toute vie. En résumé, on peut dire que les deux expériences, la NDE et l’expérience prénatale, ont ceci en commun : combattre l’expérience ne fait qu’intensifier l’angoisse qui peut y être associée, tandis que s’y abandonner la transforme en une expérience transpersonnelle positive. Si on y entre pleinement et si on se soumet entièrement à leur déploiement, alors les deux expériences culminent dans la mort de l’ego suivie d’une renaissance spirituelle (GROF, 1985).

L’hypothèse du refoulement

Une NDE négative est difficile à raconter, car elle peut faire penser à l’individu qui l’a vécue qu’il l’a mérité et que, étant mauvais, il ne pouvait vivre qu’une expérience négative, à l’image de sa personnalité ; ainsi m’est venue l’idée que les NDE négatives pourraient éventuellement être refoulées, oubliées plus facilement et plus souvent que des expériences positives. J’ai discuté cette hypothèse avec Kenneth RING lors d’unentretien qui a été publié avec d’autres dialogues dans mon ouvrage D’une vie à l’autre14 (1999). J’ai demandé à Kenneth RING s’il pensait qu’il puisse y avoir un nombre beaucoup plus élevé de NDE négatives que celles recensées mais qui auraient simplement été oubliées, refoulées par un inconscient incapable de les affronter. Voici sa réponse : " Je suis tenté de tirer un parallèle avec les drogues psychédéliques. Les expériences psychédéliques sont souvent désagréables, effrayantes, terrifiantes. Mais rien n’indique que ces expériences soient refoulées immédiatement après qu’elles aient eu lieu. Au contraire, elles restent accessibles pendant un certain temps dans le conscient. Je ne pense pas que la psychodynamique d’une NDE soit sidifférente. Oui, dans certains cas, les expérienceurs peuvent oublier. Mais je connais également des cas où il y a eu évidence au moment de la mort imminente que la personne en question était en train de vivre une expérience positive. Des témoins racontaient qu’il y avait une sorte d’extase apparaissant sur le visage de la personne qui vivait une crise de mort imminente. Par la suite quand ces personnes ont été interrogées, il y en avait également quelques-unes qui ne se souvenaient de rien. Cela signifie qu’il n’y a pas que les NDE négatives qui peuvent être refoulées. Il se peut que les NDE positives soient également oubliées, peut être parce qu’elles ne s’ajustent pas au schéma de pensée de la personne qui l’a vécue ".

Est-ce qu’une NDE négative est une NDE méritée ?

Quelle horrible hypothèse ! L’histoire de notre vie déterminerait donc les conditions e notre passage vers l’" autre monde ", avec les vieilles notions de faute, de péché, e règlement de compte et de vengeance réactivés ? Je n’en crois rien. Cela serait tut juste le contraire de ce qui se passe ans la revue de vie pendant laquelle l’expérienceur est assisté et réconforté par Être de lumière lors de l’analyse minutieuse et complète de sa vie. Pas une once de blâme, de reproche ou de engeance n’y apparaît, il n’y a que l’amour, il n’y a que la révélation de toute chose, les causes et les effets de nos actes, paroles et pensées. Je serais bien plus enclin à penser que l’image de soi pourrait éventuellement jouer un rôle déterminant pendant la NDE. Je pourrais concevoir qu’une personne très angoissée, perturbée, en déséquilibre intérieur et emprisonnée dans la culpabilité pourrait avoir des difficultés à se laisser aller dans l’expérience de mort imminente, à lâcher prise et à s’ouvrir à l’émerveillement de la NDE. Peut-être s’y refuserait-elle en estimant qu’elle ne l’a pas mérité, qu’elle n’est pas digne qu’une expérience positive et même éblouissante de beauté et d’amour puisse lui arriver, écrasée qu’elle serait par le poids de mon manque d’amour d’elle-même. RACHE (1994) donne une interprétation différente et tout à fait intéressante de cette problématique. Il écrit ceci : " Une NDE effrayante n’est pas une NDE alternative mais une NDE incomplète. Il ne s’agit pas nécessairement d’un reflet de la moralité de l’individu mais plutôt de la rencontre avec l’une des structures les plus profondes de la psyché, structure qui est universellement distribuée parmi tous les êtres humains. Le fait qu’une personne plutôt qu’une autre soit amenée à atteindre cette structure a sans doute plus à voir avec la force et l’intensité de la NDE plutôt qu’avec la personne qui vit l’expérience de mort imminente et bien des facteurs doivent entrer en ligne de compte dont la majeure partie reste encore à être identifiée ".

Nous arrivons au terme de ce survol préliminaire et quelque peu partiel d’un phénomène captivant - la NDE négative, le revers de la médaille. Il faudra bien plus de recherches et, sans doute, de nouveaux témoignages pour arriver à esquisser un début d’explication. L’étude de la NDE, qu’elle soit positive ou négative, constitue un défi formidable. Elle nous passionne car elle ne se laissera sans doute jamais expliquer complètement. Seule une interrogation qui, par essence, doit rester sans réponse définitive a ce pouvoir magique de pousser notre réflexion vers ses limites, de la sublimer. La NDE concède des fragments, des indices d’une valeur inestimable pour l’appréhension de notre vie, parfois heureuse, souvent difficile, toujours gorgée d’interrogations et d’espoirs incertains. Mais il suffit d’écouter les expérienceurs pour que les pièces du puzzle de la vie commencent à se mettre en place lentement mais sûrement, les choses prennent leur vraie dimension, les valeurs réelles s’imposent à l’évidence, le sens de la vie s’inscrit en filigrane. La NDE nous enrichit, nous transforme dans le processus de son exploration... qui est loin d’avoir abouti !

Bibliographie sélective de quelques auteurs cités :

FENWICK, Peter, Fenwick, Elizabeth. -The truth in the light : an inestigation of ever 300 near-death experiences. - New York : Berkeley Books, 1997. GREY, Margot. - Beyond death : the near-death experience. - Master’s thesis, Keene UK : Antioch University, 1983. GREY, Margot. - The near-death experience : its place in humanistic psychology. - Keene UK : Antioch University, 1983. GREY, Margot. - Return from death : an exploration of the near-death experience. - London : Arkana, 1985. GREYSON, Bruce, FLYNN, Charles P. (eds.). - The near-death experience :problems, prospects, perspectives. - Springfield IL : Charles C. Thomas, 1981. GROF, Stanislav. - Beyond death : the gates of consciousness. - New York : Thames adn Hudson, 1980. GROF, Stanislav ; Bennes, H. Z. - The holotropic mind : the three levels of human consciousness and how they shape our lives. - San Francisco : Harper, 1990. GROF, Stanislav. - Le jeu cosmique : exploration et confins de la conscience humaine.
-  Monaco : Ed. du Rocher, 1998. Trad. de : The cosmic game. RAWLINGS, Maurice S. - Au-delà des portes de la mort. - Paris : Pygmalion, 1979. Trad. de : Beyond death’s door. RAWLINGS, Maurice S. - Beyond death’s door. - Nashville TN : Thomas Nelson, 1978. RAWLINGS, Maurice S. - To hell and back : life after death - startling new evidence. - Nashville TN : Thomas Nelson, 1993. RING, Kenneth. - En route vers Oméga. - Paris : Robert Laffont, 1983. Trad. de : Heading toward Omega. RING, Kenneth. - Heading toward Omega : in search of the meaning of the near-death experience. - New York : Morrow, 1984. RING Kenneth ; avec la collab. d’Evelyn ELSAESSER-VALARINO. - Lessons from the light : whan we can learn from the near-death experience. - Reading MA : Perseus Books, 1998. RING, Kenneth. - Life at death : a scientific investigation of the near-death experience. - New York : Coward, McCann and Googhegan, 1980. RING, Kenneth. - Omega project : neardeath experiences, UFO encounters, and mind at large. - New York : Morrow, 1992. RING, Kenneth. - Sur la frontière de la vie. - Paris : Robert Laffont, 1982. Trad. de : Life at death. RINPOCHE, Sogyal. - Le Livre Tibétain de la vie et de la mort. - Paris : La Table Ronde, 1993. Trad. de : The Tibetan book of living and dying. SABOM, Michael. - Light and death : one doctor’s fascinating account of near-death experiences. - Grand Rapids MI : Zondervan Publishing House, 1998. SABOM, Michael. - Recollections of death : a medical investigation. - New York : Harper and Row, 1982.


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